Brainard (Fed)-Le ralentissement aux USA pourrait se prolonger

mardi 2 juin 2015 18h22
 

WASHINGTON, 2 juin (Reuters) - Le passage à vide subi par l'économie américaine en début d'année risque de n'être pas temporaire, a déclaré mardi Lael Brainard, membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, en soulignant la nécessité de surveiller l'évolution de la consommation et l'impact de la hausse du dollar.

Ses propos constituent l'avertissement le plus marqué exprimé par un dirigeant de la Fed sur l'évolution de la conjoncture économique.

Jusqu'à présent, la plupart des responsables de la politique monétaire américaine, dont la présidente de la banque centrale Janet Yellen, ont souligné qu'un relèvement des taux au cours des prochains mois restait envisageable et ont relativisé la faiblesse du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre.

"Il serait difficile (...) d'écarter la possibilité d'un ralentissement plus marqué de l'économie", a dit Lael Brainard dans un discours au Center for Strategic and International Studies. "Il sera intéressant de rester vigilant en attendant des données supplémentaires permettant de préciser la tendance économique de fond", a-t-elle ajouté.

Elle a expliqué que l'appréciation du dollar, la faiblesse de la demande étrangère et la chute des cours du pétrole avaient compliqué les perspectives économiques des Etats-Unis, les avantages de cette nouvelle donne -- sur la consommation par exemple -- n'étant pas encore sensibles alors que son impact défavorable sur les exportations est plus marqué et plus prolongé qu'anticipé.

Le produit intérieur brut (PIB) américain s'est contracté de 0,7% en rythme annualisé au premier trimestre, selon la deuxième estimation publiée vendredi dernier, et il ne devrait rebondir que de 0,8% au deuxième trimestre si l'on en croit une enquête de la Fed d'Atlanta.

"La tendance de fond de la reprise s'est révélée relativement vulnérable à des vents contraires successifs", a dit Lael Brainard, ajoutant que ces facteurs défavorables, comme le risque d'un défaut grec ou le ralentissement en Chine "pourraient se maintenir pendant un certain temps".

(Howard Schneider, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)