Le cognac Louis Royer intéresse plusieurs magnats asiatiques

vendredi 29 mai 2015 18h01
 

HONG KONG/BANGKOK, 29 mai (Reuters) - Le milliardaire thaïlandais Charoen Sirivadhanabhakdi envisage de racheter le producteur de cognac Louis Royer, a-t-on appris de sources proches du dossier, une cible qu'il pourrait disputer à l'homme d'affaires philippin Andrew Tan.

Emperador <EMP.PS, le groupe de spiritueux contrôlé par ce dernier, quatrième fortune des Philippines, a annoncé la semaine dernière avoir soumis une offre de rachat de Louis Royer, mis en vente par le japonais Suntory Holdings et estimé autour de 150 millions de dollars (137 millions d'euros) par plusieurs sources.

Charoen Sirivadhanabhakdi contrôle quant à lui Thai Beverage .

La bataille qui se dessine pour Louis Royer souligne la volonté des magnats asiatiques du secteur de mettre la main sur des marques de spiritueux haut de gamme, à la fois pour favoriser les ventes des autres marques de leur portefeuille et pour profiter du rebond de la demande de cognac dans la région, soutenue entre autres par des marchés comme la Malaisie ou le Vietnam.

"La valeur fondamentale de l'entreprise n'est pas vraiment le sujet", a dit un banquier spécialisé dans les fusions-acquisitions à Hong Kong. "Il s'agit d'avoir une marque haut de gamme dans son portefeuille, qui aide à vendre d'autres produits."

On ignorait dans l'immédiat si d'autres candidats au rachat s'étaient fait connaître et quand la vente pourrait être bouclée.

Suntory s'est refusé à tout commentaire.

Interrogé sur l'éventualité d'une offre sur Louis Royer, le vice-président senior de Thai Bev, Vichate Tantiwanich, a répondu : "Nous n'avons pas d'activité (dans le cognac). Nous sommes ouverts à toute opportunité dans le domaine des boissons. Mais pour cette marque, nous ne pouvons pas confirmer que nous allons acheter."

Louis Royer, qui réalise un chiffre d'affaires annuel d'environ sept milliards de yens (51,4 millions d'euros), appartient à Suntory depuis 1989 mais le groupe japonais est aujourd'hui engagé dans un processus de cession de certaines de ses marques pour réduire son endettement, creusé par le rachat de Beam pour 15,7 milliards de dollars.

(Denny Thomas et Khettiya Jittapong, avec Ritsuko Shimizu et Emi Emoto à Tokyo et Enrico Dela Cruz à Manille, Marc Angrand pour le service français)