France-Les dividendes de l'Etat inquiètent la Cour des comptes

mercredi 27 mai 2015 13h07
 

PARIS, 27 mai (Reuters) - La Cour des comptes s'inquiète du niveau élevé des dividendes versés à l'Etat par les entreprises dont il est actionnaire, y voyant un risque qu'il privilégie un rendement à court terme de ses participations au détriment de ses intérêts à long terme et de ceux de ces sociétés.

Dans son rapport sur l'exécution du budget de l'Etat publié mercredi, la Cour relève qu'il a perçu l'an passé d'entreprises non financières 4,1 milliards d'euros de dividendes, soit un peu moins qu'en 2013 (4,2 milliards) mais bien plus que les 3,1 milliards prévus dans la loi de finances initiale.

L'essentiel a été versé par EDF (2 milliards), Engie (ex-GDF Suez, 1 milliard) et, dans une moindre mesure Orange (0,2 milliard), la SNCF (0,2 milliard) et La Poste (0,1 milliard), au titre de leurs résultats de l'exercice 2013.

"Plusieurs entreprises ont versé des dividendes en 2014 alors que leurs résultats 2013 étaient négatifs", souligne la Cour des comptes, en donnant pour exemple les lourdes pertes annoncées par Engie (9,3 milliards d'euros) du fait d'importantes dépréciations d'actifs.

Plus généralement, elle remarque que neuf des douze plus grandes entreprises figurant dans le portefeuille de l'Agence des participations de l'Etat (APE) ont affiché l'an passé des taux de distribution de résultats à leurs actionnaires "plus élevés" que le taux médian des entreprises du CAC 40.

"Le niveau élevé des taux de distribution soulève le risque pour l'Etat de privilégier un rendement à court terme de ses participations au détriment, potentiellement, des intérêts à long terme des ces entreprises et des siens", écrit la Cour. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)