Grèce-Le FMI attend toujours des propositions "crédibles"

lundi 25 mai 2015 17h17
 

PARIS, 25 mai (Reuters) - Les dernières propositions du gouvernement grec sont "assez loin" de ce qu'il faut pour assurer l'excédent budgétaire nécessaire cette année, a déclaré Olivier Blanchard, chef économiste du Fonds monétaire international.

Dans une interview publiée lundi par Les Echos sur leur site internet, il souligne que l'excédent budgétaire de 3% prévu pour cette année dans le programme d'assistance à Athènes est "probablement irréaliste pour des questions économiques et politiques."

"Réviser ce surplus à la baisse est possible, mais il faut être clair : cela implique un nouveau besoin de financement à combler avec l'aide des Européens", dit-il pour ajouter que "cela ne fonctionnera que si, en contrepartie, il y a un programme cohérent".

"En tenant compte des dernières estimations faisant état d'un déficit budgétaire substantiel pour le moment, il faut donc des mesures crédibles pour transformer ce dernier en surplus et maintenir ce surplus dans l'avenir. Au vu de ce qui est proposé pour l'heure, on en est encore assez loin", note Olivier Blanchard.

Cette situation doit, selon lui, conduire le gouvernement grec "à se demander où faire des économies."

Sur ce point, il estime que "le système des retraites est souvent trop généreux, qu'il y a encore trop de fonctionnaires" et qu'il faut aussi " regarder quelles mesures structurelles sont essentielles pour garantir une croissance soutenue à moyen terme."

A la question de savoir comment sortir de cette crise, le chef économiste du FMI répond : "Il existe plusieurs scénarios de crise, allant du contrôle des capitaux à la sortie de l'euro. Nous espérons tous les éviter."

Après quatre mois de discussions avec ses créanciers de la zone euro et du FMI, le gouvernement de la gauche radicale d'Alexis Tsipras est toujours à la recherche d'un accord qui permettrait de débloquer 7,2 milliards d'euros d'aides encore dues à la Grèce dans le cadre du plan de sauvetage européen, ce qui lui permettrait d'éviter la faillite.

Athènes a assuré lundi qu'il entendait honorer ses dettes mais avait besoin d'une aide d'urgence pour ce faire (Yann Le Guernigou, édité par Benoît van Overstraeten)