La zone euro doit s'unir pour réformer son économie-Draghi (BCE)

samedi 23 mai 2015 14h06
 

ROME, 23 mai (Reuters) - Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi demande aux pays de la zone euro de s'unir pour réformer leur économie et affirme qu'un partage de souveraineté est une chance et non une menace.

Dans un message lu lors d'une conférence à Rome et diffusé samedi par la BCE, Mario Draghi demande aux Etats d'agir rapidement à propos des recommandations faites par la BCE pour parachever l'union économique et monétaire parce que de nombreuses mesures préconisées sont restées lettre morte.

"La situation dans la zone euro montre que ce retard pourrait être dangereux", déclare le président de la banque centrale des pays de la zone euro.

Vendredi, il avait indiqué que la croissance économique resterait faible dans la zone euro compte tenu du chômage et de la faiblesse des investissements.

Des progrès ont certes été faits, notamment en matière d'union bancaire, déclare Mario Draghi samedi, mais les risques privés doivent être partagés au sein de la zone euro, l'intégration financière améliorant l'accès des entreprises au crédit et débouchant sur une union totale des marchés financiers, déclare Mario Draghi.

Le banquier central appelle à un respect plus strict des règles budgétaires pour réduire les différences entre Etats membres en matière d'emploi, de croissance et de productivité.

En matière de réformes structurelles, les Etats membres devront à la fois suivre des normes communes, tout en ayant chacun une approche adaptée aux spécificités locales. Tout cela permettra "une convergence dans la capacité de nos économies à résister aux chocs et à croître ensemble".

Enfin, Mario Draghi souligne que la zone euro devrait se demander si elle a fait suffisamment pour sauvegarder la possibilité d'utiliser la politique budgétaire pour contrecarrer les cycles économiques et conclut par la négative.

De nombreux pays européens n'ont réalisé qu'après l'apparition de la crise de la dette que leur droit souverain à déterminer leur propre politique économique serait limitée au sein de l'union monétaire, souligne Mario Draghi.

Travailler pour atteindre la stabilité sur la durée passe par un partage des commandes, souligne le président de la BCE. "Ce qui peut sembler une menace est en fait une opportunité", affirme-t-il. (Isla Binnie; Danielle Rouquié pour le service français)