Pas d'accord à ce stade sur le Mistral avec Moscou-Le Drian

mardi 19 mai 2015 16h06
 

PARIS, 19 mai (Reuters) - Aucun accord n'a été trouvé "à ce stade" entre la France et la Russie concernant le premier navire de guerre Mistral dont la livraison a été suspendue par Paris en raison du conflit en Ukraine, a déclaré mardi le ministre français de la Défense.

Le contrat Mistral, qui empoisonne les relations entre les deux pays, se trouve depuis plusieurs semaines entre les mains des avocats qui tentent de trouver une issue acceptable pour les deux parties.

"A ce stade, il n'y a pas d'accord avec la partie russe", a déclaré Jean-Yves Le Drian à l'Assemblée nationale.

"Un tel accord ne pourrait être que la conséquence d'une décision souveraine du président de la République, notre priorité va à la stabilisation sécuritaire en Ukraine et nous nous y employons avec beaucoup de ténacité", a-t-il ajouté.

Conclue en 2011 sous la présidence de Nicolas, la vente à la Russie de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) est estimée à 1,2 milliard d'euros.

La livraison du Vladivostok, le premier des deux BPC construits à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), a été suspendue pour une durée indéterminée par la France l'an dernier en raison du rôle de Moscou dans la crise ukrainienne.

François Hollande "considère que la situation dans l'est de l'Ukraine ne permet pas aujourd'hui la livraison de ce navire à la Russie", a indiqué Jean-Yves Le Drian.

"Le président de la République, quand il prendra la décision, et ce n'est pas le cas à cette heure, le fera en toute connaissance de cause au vu de la situation internationale mais aussi des conséquences industrielles et commerciales", a-t-il ajouté.

Moscou estime le préjudice subi par la Russie à près de 1,163 milliard d'euros, selon une source russe citée la semaine dernière par Kommersant. (Marine Pennetier, édité par Sophie Louet)