LEAD 1-A400M-Airbus demande de vérifier les systèmes de contrôle moteur

mardi 19 mai 2015 14h45
 

(Actualisé avec confirmation d'Airbus, précisions)

PARIS, 19 mai (Reuters) - Airbus Defence & Space a demandé mardi à tous les pays exploitant l'A400M d'inspecter les systèmes de contrôle des moteurs de l'avion de transport militaire européen après l'accident survenu le 9 mai en Espagne.

Cette décision a été prise à la suite de la découverte d'une anomalie potentielle sur le système informatique gérant les moteurs.

Toutefois, selon une source ayant eu connaissance des éléments de l'enquête, les premières conclusions laisseraient penser qu'il s'agit plus d'un problème de qualité que de conception de l'ensemble.

Quatre des six personnes qui se trouvaient à bord de l'appareil ont été tuées lors du vol d'essai, les deux autres sont grièvement blessées.

Dans un communiqué, Airbus déclare avoir demandé aux exploitants "d'effectuer des contrôles spécifiques et réguliers" de l'unité de contrôle électronique (Electronic Control Unit, ECU) sur chaque moteur de l'avion avant le prochain vol.

L'ECU est l'un des deux calculateurs qui composent le système informatique complexe de régulation et de surveillance des moteurs (Fadec), développé par le groupe allemand MTU Aero Engines.

Les pays exploitants - la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Turquie et la Malaisie - sont également invités à effectuer des contrôles supplémentaires après un éventuel remplacement de moteur ou de l'ECU, précise le groupe aéronautique européen, qui confirme ainsi des informations obtenues par Reuters.

Les difficultés rencontrées dans le développement du moteur, en particulier pour obtenir la certification de leurs systèmes de contrôle, se sont traduits par trois ans de retard et ont nécessité un nouvel apport de capitaux des Etats en 2010.

Les moteurs de l'avion sont issus d'une coopération entre le groupe britannique Rolls-Royce, le français Safran et l'allemand MTU Aero Engines.

Il s'agit du premier accident impliquant un A400M, dont le coût de développement s'élève à 20 milliards d'euros. Il est entré en service en 2013. (Tim Hepher, Jean-Michel Bélot pour le service français, édité par Cyril Altmeyer)