Kerviel-Une enquêtrice convaincue que la SocGen était au courant

dimanche 17 mai 2015 22h38
 

PARIS, 17 mai (Reuters) - La commandante de police de la brigade financière chargée de l'enquête sur l'affaire Kerviel a dit lors d'une récente audition devant la justice avoir la certitude que la Société générale ne pouvait ignorer les agissements de l'ex-courtier, a-t-on appris dimanche de source policière, confirmant une information de Mediapart.

Nathalie Le Roy a été entendue le 9 avril par le juge d'instruction Roger Le Loire dans le cadre de l'information judiciaire pour faux, usage de faux et escroquerie au jugement ouverte en 2014 à la suite de plaintes déposées par l'ex-courtier, rapporte le site d'informations.

Selon une source proche du dossier, le juge Le Loire a depuis saisi la brigade financière pour vérifier les points soulevés par la commandante qui a quitté la PJ il y a quelques mois.

De source policière haut placée, on invite à prendre les déclarations "sans doute sincères" de Nathalie Le Roy avec la plus grande prudence.

"À l'occasion des différentes auditions et des différents documents que j'ai pu avoir entre les mains, j'ai eu le sentiment puis la certitude que la hiérarchie de Jérôme Kerviel ne pouvait ignorer les positions prises par ce dernier", aurait déclaré la commandante lors de son audition, selon Mediapart.

"Je ne me suis jamais manifestée pour ne pas interférer dans le cours de la justice, mais j'avoue que ma convocation aujourd'hui m'apporte un soulagement. Je me suis très longtemps remise en question", aurait-elle ajouté, toujours selon le site d'informations.

Exprimant le sentiment d'avoir été "instrumentalisée par la Société générale", la commandante de police évoque une enquête influencée par la banque qui lui a adressé "les personnes qu'elle juge bon d'être entendues."

"Convaincue" en 2008 de la culpabilité de Jérôme Kerviel, elle indique avoir été assaillie par des premiers doutes en 2012 lors du procès en appel.

Elle cite notamment le témoignage d'un ancien salarié de la Société générale qui lui aurait "tout de suite dit que l'activité de Jérôme Kerviel était connue, qu'il avait lui-même alerté" sa hiérarchie en avril 2007 "soit plus de neuf mois avant le scandale", rapporte Mediapart.   Suite...