Tsipras aurait menacé de ne pas honorer l'échéance de mai-presse

samedi 16 mai 2015 21h30
 

ATHENES, 16 mai (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras aurait affirmé aux créanciers de la Grèce que son pays ne serait pas en mesure de rembourser les 750 millions d'euros dus au Fonds monétaire international en mai sans l'octroi immédiat de liquidités, rapporte le journal Kathimerini, samedi.

Citant des sources européennes, le journal précise que Tsipras a adressé le 8 mai un courrier en ce sens au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, à la directrice générale du FMI Christine Lagarde et au président de la BCE Mario Draghi.

La Grèce a finalement puisé dans sa position de réserve au FMI pour rembourser lundi 750 millions d'euros qu'elle devait au Fonds monétaire international lui-même.

Dans son courrier, Alexis Tsipras explique que son pays est à court de liquidités domestiques ayant rempli les obligations de sa dette sans recevoir aucune aide dans le cadre du plan de refinancement de 240 milliards d'euros depuis le mois d'août.

Pour rétablir ces liquidités, Tsipras proposait que la Banque centrale européenne relève le plafond d'émission des obligations d'Etat, qu'elle autorise un versement partiel des tranches de prêt d'un montant de 7,3 milliards d'euros, qu'elle accepte la restitution de 1,9 milliard d'euros de bénéfices réalisés par la BCE grâce à l'achat de titres grecs depuis 2010 et qu'elle restitue 1,2 milliard d'euros liés à la recapitalisation bancaire et détenus par le Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Les responsables de la zone euro ont jugé fin mars que la Grèce ne pouvait pas légalement prétendre une telle restitution.

Kathimerini estime que le courrier d'Alexis Tsipras était "un bluff possible" et qu'il a renforcé le climat de méfiance entre Athènes et ses créanciers.

Vendredi, Alexis Tsipras a annoncé que les deux parties avaient trouvé un terrain d'entente tout en rappelant que son gouvernement ne renoncerait pas à ce qu'il considère comme des lignes infranchissables, la réduction des salaires et des retraites.

(Karolina Tagaris; Pierre Sérisier pour le service français) ;))