Etihad dit que les compagnies US ont reçu $70 mds de subventions

vendredi 15 mai 2015 11h54
 

15 mai (Reuters) - Etihad Airways a répliqué jeudi aux allégations des compagnies aériennes américaines selon lesquelles elle reçoit des subventions, accusant ces dernières d'avoir reçu pour leur part plus de 70 milliards de dollars (62 milliards d'euros) d'aides publiques depuis 2000, dans le cadre surtout de procédures de protection contre les faillites et de garantie des retraites.

La compagnie basée à Abou Dhabi a exposé ses griefs alors même que le législateur presse Washington de prendre position sur ce dossier, Etihad, Emirates et Qatar Airways étant soupçonnées par les compagnies américaines d'avoir reçu à elles trois plus de 40 milliards de dollars de subventions.

Les compagnies du Golfe ont démenti et Etihad a affirmé qu'elle ne faisait que recevoir des fonds propres et des prêts de son seul actionnaire, l'émirat d'Abou Dhabi.

Risk Advisory Group, le cabinet de conseil engagé par Etihad, a étudié des données concernant Delta Air Lines, United Continental Holdings, American Airlines, ainsi que les compagnies avec lesquelles elles ont fusionné, pour arriver à ce montant de 70 milliards de dollars.

"Nous souhaitons simplement mettre en avant le fait que les compagnies américaines ont bénéficié et continuent de bénéficier d'un régime juridique très favorable" a déclaré Jim Callaghan, le directeur juridique d'Etihad, dans un communiqué.

Les compagnies aériennes américaines s'en défendent.

"La procédure (de protection contre les faillites) du Chapitre 11 n'est pas une 'subvention' au sens où le droit du commerce international la définit", a déclaré jeudi Jill Zuckman, porte-parole de la coalition syndicale des compagnies aériennes américaines connue sous le nom de "Partnership for Open & Fair Skies" (partenariat pour un ciel ouvert et juste).

"En outre, le contribuable américain n'a pas à être mis à contribution à chaque fois qu'on restructure les plans retraite d'une compagnie aérienne en situation de faillite". (Jeffrey Dastin à New York, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)