Hutchison et Vimpelcom discutent d'un rapprochement en Italie

jeudi 14 mai 2015 12h25
 

AMSTERDAM/MILAN/HONG KONG, 14 mai (Reuters) - Hutchison Whampoa a confirmé jeudi avoir engagé des discussions avec le russe Vimpelcom en vue de regrouper leurs activités de téléphonie mobile italiennes dans une coentreprise, ce qui marquerait une nouvelle étape de la consolidation du secteur en Europe.

Le conglomérat contrôlé par le magnat hong-kongais Li Ka-shing, qui vient de racheter l'opérateur mobile britannique O2 à l'espagnol Telefonica pour près de 14 milliards d'euros, a dit avoir engagé des "négociations exploratoires" en vue d'un rapprochement de sa filiale italienne 3 Italia avec Wind, celle de Vimpelcom.

Mercredi, Jean-Yves Charlier, directeur général du groupe russe, contrôlé par l'homme d'affaires Mikhaïl Fridman, a déclaré à Reuters que Vimpelcom était "en discussions avec Hutchison en vue d'une possible coentreprise à parité entre 3 Italia et Wind".

"Il n'y a aucune garantie de signature d'un accord et toute transaction serait conditionnée, entre autres, à l'atteinte d'un niveau de dette satisfaisant et à l'obtention des (...) autorisations nécessaires", a-t-il ajouté.

Le titre Telecom Italia, après avoir progressé de plus de 3% mardi à la faveur du retour des rumeurs de fusion entre 3 Italia et Wind, gagnait vers 10h15 GMT 0,28% à 1,09 euro alors que l'indice regroupant les valeurs télécoms européennes reculait de 0,17%.

Une fusion entre 3 Italia et Wind ramènerait le nombre d'opérateurs mobiles en Italie de quatre à trois, ce qui réduirait la concurrence sur les prix et permettrait à Telecom Italia et à d'autres d'augmenter leurs marges, à l'instar de ce qui s'est passé en Allemagne, en Autriche ou encore en Irlande, expliquent des analystes.

Selon deux sources proches du dossier, Hutchison et Vimpelcom sont encore loin d'un accord. L'une a précisé qu'aucune décision n'avait été prise sur le nom du dirigeant de la coentreprise envisagée et l'autre a souligné que l'endettement de Wind, qui atteignait 9,65 milliards d'euros à fin 2014, restait un obstacle.

Les deux parties évoquent régulièrement depuis plus d'un an la possibilité d'un rapprochent entre Wind et 3 Italia, le premier étant plus important en taille et plus rentable que le second.

Une entité regroupant les deux opérateurs détiendrait un tiers du marché italien de la téléphonie mobile, passant ainsi devant Telecom Italia (32,1%) et Vodafone Italia (27,5%). (Anthony Deutsch, Danilo Masoni et Denny Thomas, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand)