Eurozone-Les taux vont baisser à nouveau au début de l'été-BNP Paribas

mardi 12 mai 2015 15h52
 

PARIS, 12 mai (Reuters) - BNP Paribas s'attend à court terme à une poursuite des tensions et de la volatilité sur les marchés obligataires du noyau dur de la zone euro, puis, au cours du mois prochain, à un début de détente qui devrait se prolonger au cours de l'été.

Lors d'une conférence de presse, Patrick Jacq, l'un des stratégistes taux de la banque, a souligné mardi que les tensions sur les taux longs allemands, références de la zone euro, et plus particulièrement sur le Bund 10 ans, avaient résulté d'une brusque montée de positions vendeuses sur le contrat à terme sur Bund 10 ans, qui ont mécaniquement conduit à des ajustements de taux sur le marché au comptant.

La semaine dernière, le volume sur le future Bund est passé d'une moyenne quotidienne de 600.000 à 700.000 lots échangés, à 1,5 million. "Il n'y a pas eu de gros flux vendeurs de papier au comptant", a-t-il dit ajoutant que si cela avait été le cas, l'euro ne serait pas remonté avec les taux longs.

La période qui va de la fin de l'année dernière, quand la Banque centrale européenne (BCE) a commencé à parler d'assouplissement monétaire quantitatif (QE), jusqu'à sa première mise en oeuvre en mars, précédée de son annonce officielle le 22 janvier, a provoqué une baisse historique des taux, due aussi à une offre rare et une forte demande.

En avril, les émissions nettes d'obligations souveraines (émissions brutes moins les remboursements) ont été négatives de 43,0 milliards d'euros, a indiqué le stratégiste taux.

En Allemagne, les taux sont passés négatifs jusqu'à la maturité 8 ans et quasiment à zéro (0,05%) sur le 10 ans le 17 avril dernier. Aujourd'hui, le 10 ans est au-dessus de 0,7% après un plus haut de 0,8% jeudi dernier.

Dans le même temps, le taux à 10 ans français, qui a touché un plus bas le 15 avril (0,332%) s'est tendu jusqu'à 1,12% jeudi, pour revenir autour de 1,0% mardi.

Le marché euro étant devenu cher, les anticipations d'inflation ont commencé à remonter modérément.

Toutefois, il a estimé que la pérennité de la croissance n'était pas acquise en zone euro,, que la BCE allait continuer son QE (achats mensuels d'obligations essentiellement souveraines à raison de 60 milliards d'euros par mois jusqu'en septembre 2016) et contribuer, chaque mois davantage encore, à la "raréfaction" du papier.

"Il n'y a pas fondamentalement de raison pour que les taux montent autant", a-t-il observé. (Raoul Sachs, édité par Jean-Michel Bélot)