L'économie suisse résiste au choc du franc fort

dimanche 10 mai 2015 19h16
 

par Alice Baghdjian

SAINT-GALL (Suisse), 10 mai (Reuters) - Quand la Banque nationale suisse (BNS) a abandonné en janvier son cours plancher du franc face à l'euro, les entreprises de la Confédération avaient mis en garde contre un "tsunami" économique qui gripperait les exportations, ferait grimper le chômage et plongerait le pays dans la récession.

Quatre mois plus tard, l'économie semble bien mieux résister au choc que ce que prédisaient les Cassandre.

Les dirigeants d'entreprise réunis en fin de semaine au Symposium de Saint-Gall ont expliqué avoir surmonté la forte appréciation du franc en ajustant leurs prix, en visant de nouveaux marchés et en obtenant de leur personnel des concessions sur la flexibilité du travail.

Le dollar fort a amorti l'impact pour certaines entreprises et celles qui se fournissent en biens intermédiaires au sein de la zone euro y ont même gagné.

Certains secteurs de l'économie ont certes souffert, notamment le tourisme et les industries avec une base de coûts en francs et qui réalisent une partie importante de leurs ventes en Europe.

Swissmechanic, fédération qui représente les entreprises du secteur des machines, de l'électronique et de la métallurgie, a chiffré à 2.000 le nombre d'emplois perdus dans son secteur depuis la décision choc de la banque centrale le 15 janvier.

Mais beaucoup de firmes disent que de précédents épisodes d'appréciation du franc, notamment en 2011 avant l'introduction du cours plancher de 1,20 franc pour un euro, les avait déjà poussées à s'adapter, ce qui leur a servi cette année.

"Beaucoup d'entreprises ont tiré les leçons de 2011, elles ont compris qu'une concentration de risques, que ce soit dans la distribution, la base de clientèle ou le produit, constituait en soi un risque majeur", a expliqué Tobias Gerfin, directeur général de Kuhn Rikon (articles pour la cuisine) à Reuters en marge des rencontres annuelles de Saint-Gall.   Suite...