Le BND allemand n'espionne plus pour le compte des USA-presse

jeudi 7 mai 2015 12h50
 

BERLIN, 7 mai (Reuters) - L'Allemagne a interrompu les opérations de surveillance du trafic internet réalisées pour le compte de la National Security Agency (NSA) américaine après la levée de boucliers suscitée par la coopération entre le BND, le principe service fédéral de renseignement, et la NSA, rapporte jeudi la presse allemande.

Les informations des dernières semaines selon lesquelles le BND a aidé la NSA à espionner des entreprises et des dirigeants européens a mis en difficulté le gouvernement de coalition et menace d'envenimer les relations entre Berlin et Washington.

Un sondage de l'institut INSA publié mercredi montre que pour 62% des Allemands, la coopération entre BND et NSA est préjudiciable à la popularité d'Angela Merkel - les services de renseignement allemands sont placés sous l'autorité de la chancellerie.

Le quotidien Süddeutsche Zeitung et les radios WDR et NDR ont rapporté que la station du BND à Bad Aibling avait arrêté cette semaine d'envoyer à la NSA des informations issues de la surveillance d'internet.

La décision a été prise après le refus de la NSA d'appuyer chacune de ses demandes de surveillance d'un individu ou d'une organisation par des justifications précises, ce qu'exige désormais le BND en accord avec la chancellerie. Cette condition est déjà en vigueur pour les surveillances de conversations téléphoniques et de fax.

Le BND et le gouvernement allemand ont refusé de commenter ces informations.

Le Parti social-démocrate (SPD) allemand, partenaire de coalition de la CDU d'Angela Merkel, a critiqué la gestion de ce dossier par cette dernière et réclame la liste des critères de surveillance (adresses IP, termes de recherche, noms) du BND.

La chancelière a jusqu'à présent rejeté leur demande, arguant du fait que la publication de ces données nécessitait l'accord des Etats-Unis, et elle a défendu la coopération entre Berlin et Washington au nom de la lutte contre le terrorisme international.

Son ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, un proche, doit quant à lui faire face à des appels à la démission mais il a nié avoir menti au Parlement sur ce dossier. (Madeline Chambers; Marc Angrand pour le service français)