Le tribunal de commerce se prononce lundi sur l'avenir de la SNCM

mardi 5 mai 2015 16h29
 

MARSEILLE, 5 mai (Reuters) - Le tribunal de commerce doit se prononcer lundi sur une éventuelle prolongation de la période d'observation de la SNCM, la compagnie maritime placée fin novembre en redressement judiciaire, a-t-on appris mardi de source proche du dossier.

Cette décision est particulièrement attendue par les personnels de la Société nationale Corse Méditerranée, dont l'avenir reste incertain à deux mois du début de la haute saison touristique sur la desserte entre la Corse et le continent.

Le tribunal a estimé le 24 avril dernier que les offres de reprise pour la SNCM étaient "insatisfaisantes" et avait mis en délibéré sa décision sous quinzaine.

Lors de l'audience à huis clos, le procureur de la République avait suggéré de pérenniser les activités de la SNCM jusqu'à la fin de l'été, afin de donner le temps aux candidats d'améliorer leurs dossiers ou de disposer d'un délai suffisant pour lancer un nouvel appel d'offres.

Les trois candidats à la reprise sont la compagnie Baja Ferries, dont le siège social est à Miami (Etats-Unis), la société d'investissement Med Partners de Christian Garin, ancien président du port de Marseille, et le transporteur corse Patrick Rocca.

La SNCM emploie 2.000 personnes dont 1.500 en CDI, effectifs qu'aucun des trois candidats à sa reprise n'envisage de conserver en intégralité.

Les trois offres de reprise posaient comme "condition suspensive" un accord avec la Commission européenne, qui réclame le remboursement de 440 millions d'euros d'aides publiques jugées illégales.

Bruxelles exige que les plans de reprise répondent au principe de discontinuité , ce qui implique une cessation d'activité, afin d'échapper au règlement du passif européen.

Sans un feu vert de la Commission, la compagnie aurait du mal à échapper à la liquidation. Transdev, coentreprise entre Veolia et la Caisse des dépôts et actionnaire majoritaire, a indiqué avoir tout entrepris afin de préserver un maximum d'activités et d'emplois. (Yves Clarisse)