April 22, 2015 / 1:43 PM / 2 years ago

France-Inquiétude à Marseille sur le sort de la SNCM

4 MINUTES DE LECTURE

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE, 22 avril (Reuters) - Plusieurs dizaines de salariés de la SNCM étaient rassemblés mercredi devant le tribunal de commerce de Marseille, qui examinait à huis clos les offres de reprise pour la compagnie maritime placée fin novembre en redressement judiciaire.

Le tribunal devrait très probablement mettre en délibéré, au plus tard au 28 mai, une décision redoutée par les salariés qui n'excluent pas une liquidation de la compagnie assurant notamment la desserte entre la Corse et le continent.

"On vient chercher des réponses, savoir si la compagnie va vivre ou mourir", a dit un marin de l'entreprise. "Le plus insupportable, c'est l'attente et l'incertitude."

Le juge consulaire peut statuer sur une reprise des activités par l'un des trois repreneurs encore en lice, décréter une prolongation de la période d'observation ou prononcer la liquidation de l'entreprise.

Avant d'être entendus au tribunal, les candidats à la reprise de la SNCM ont présenté mardi leurs propositions aux syndicats qui les ont jugées "inacceptables en l'état".

Les offres de reprise prévoient un "plan social d'ampleur et ne permettent pas de garantir un avenir pérenne aux salariés qui seraient repris", a estimé la CFE-CGC.

"Aucune des offres n'est recevable. C'est pourtant l'avenir de la marine marchande française qui se joue", a souligné le délégué SNCM des marins, Frédéric Alpozzo.

Inconnue européenne

L'offre de la société d'investissement Med Partners de Christian Garin, ancien président du port de Marseille, apparaît comme la "mieux disante" en termes d'emploi pour la SNCM, qui emploie 2.000 personnes, dont 1.500 en CDI.

Elle prévoit de sauvegarder 902 emplois en CDI, contre 708 pour la compagnie Baja Ferries, dont le siège social est à Miami (Etats-Unis), et environ 500 pour le transporteur corse Patrick Rocca.

Les trois offres posent cependant comme "condition suspensive" un accord avec la Commission européenne, qui réclame le remboursement de 440 millions d'euros d'aides publiques qu'elle juge illégales.

Bruxelles exige que les plans de reprise répondent au principe de discontinuité et n'a pas encore communiqué sa position sur les offres formulées pour la SNCM, filiale de Transdev, coentreprise entre Veolia et la Caisse des dépôts.

Sans un feu vert qui permettrait au repreneur de s'exonérer du passif européen, la compagnie aurait du mal à échapper à la liquidation.

D'autant que le tribunal administratif de Bastia a annulé, le 7 avril, la délégation de service public (DSP) signée par l'Office des transports de la Corse (OTC) avec le groupement SNCM-Méridionale pour assurer le service public entre le continent et la Corse.

Cette DSP, qui représente 96 millions d'euros par an et doit prendre fin au 1er octobre 2016, avait été attribuée pour la période 2014-2023 dans le cadre d'une procédure qui a fait l'objet d'un recours en annulation de la compagnie concurrente, Corsica Ferries.

Les syndicats s'inquiètent aussi de la mise en place d'un plan social dont les contours et le financement par l'actionnaire majoritaire Transdev restent flous. (Edité par Gregory Blachier)

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