Loin du "romantisme", Macron défend l'achat d'Alcatel par Nokia

mardi 21 avril 2015 17h59
 

PARIS, 21 avril (Reuters) - Emmanuel Macron écarte toute "vision romantique" vis-à-vis des grandes entreprises françaises et défend l'achat d'Alcatel-Lucent par Nokia , dans un entretien publié mardi sur le site internet du Financial Times.

Se disant "pragmatique mais lucide", le ministre français de l'Economie explique que "dans la compétition fiscale mondiale, nous ne sommes pas les mieux placés, c'est un fait, pour conserver et attirer les sièges sociaux".

Il faut cependant se battre "pour que la France préserve les emplois et sa capacité à innover", dit-il.

L'offre d'achat de Lafarge par Holcim garantit que le centre de recherche et développement de Lafarge reste en France, souligne-t-il, en ajoutant : "Je veux que la France devienne le hub européen pour la R&D."

Emmanuel Macron explique avoir travaillé pendant des mois sur la situation d'Alcatel, objet d'une offre d'achat de Nokia.

"La meilleure option était Nokia", dit-il.

"Une vision romantique ou classique de l'approche française aurait été de dire 'c'est une entreprise française, ne laissons personne l'attaquer, bloquons toute fusion'".

"Mais la réalité, c'est qu'Alcatel-Lucent n'est pas une entreprise française, c'est une entreprise mondiale. Ses principaux marchés sont la Chine et les Etats-Unis, ses actionnaires sont étrangers et la plupart de ses dirigeants ne sont pas français", souligne-t-il.

Le ministre de l'Economie n'a pas d'état d'âme concernant la montée de l'Etat au capital de Renault qui a provoqué l'ire du conseil d'administration du constructeur automobile.

"L'équilibre du pouvoir est dans le marché", explique Emmanuel Macron. "Nous opérons dans le marché, donc j'essaye de déplacer l'équilibre du pouvoir." (Jean-Baptiste Vey)