Nokia mise sur la révolution du logiciel pour réussir la fusion

mardi 21 avril 2015 18h39
 

par Leila Abboud et Jussi Rosendahl et Sven Nordenstam

PARIS/HELSINKI/STOCKHOLM, 21 avril (Reuters) - Le rachat d'Alcatel-Lucent par son concurrent Nokia pourrait éviter les écueils rencontrés par de précédentes fusions dans les équipements télécoms grâce à la profonde transformation intervenue ces dix dernières années dans la façon dont ces matériels sont développés et lancés.

La tête et les jambes des réseaux télécoms résident aujourd'hui dans les logiciels qui sont programmables et flexibles et non plus dans des infrastructures dédiées. Les produits sont davantage modulables avec des interfaces ouvertes permettant aux équipements de différents fabricants d'interagir entre eux.

Cette évolution devrait permettre une intégration plus rapide et moins coûteuse des gammes de produits du finlandais et du franco-américain, estiment analystes et dirigeants du secteur, et pourrait contribuer à ce que Nokia réussisse là où de précédentes opérations ont échoué.

Le groupe s'est engagé à dégager 900 millions d'euros de synergies d'ici 2019 grâce au rachat d'Alcatel-Lucent qu'il compte boucler au premier semestre 2016. Les analystes estiment que l'essentiel des réductions de coûts viendra du mobile, où les produits de Nokia dans la 4G remplaceront à terme ceux d'Alcatel, permettant de réduire les budgets élevés de R&D et de redéployer les équipes d'ingénieurs.

Mais l'histoire des fusions dans le secteur est peu glorieuse à l'image des rapprochements entre Alcatel et Lucent et Nokia et Siemens en 2006.

Les réductions de coûts promises lors de ces transactions ont fini par être redonnées aux consommateurs à travers des baisses de prix car les concurrents Ericsson et Huawei sont passés à l'offensive pendant que ces groupes étaient accaparés par la mise en oeuvre de leur fusion.

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