Fessenheim-Des antinucléaires portent plainte contre EDF

mardi 21 avril 2015 11h44
 

PARIS, 21 avril (Reuters) - Des associations antinucléaires ont annoncé mardi porter plainte contre EDF et l'ancien directeur de Fessenheim (Haut-Rhin) qu'elles accusent d'avoir "minimisé" et déclaré "hors délai" une fuite survenue le 28 février dans la centrale nucléaire.

La plainte sera déposée mardi après-midi auprès du parquet de Colmar par le Réseau "Sortir du nucléaire" et quatre associations antinucléaires, précise un communiqué.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu d'EDF dans l'immédiat.

Le 28 février, EDF déclarait la mise à l'arrêt d'un des deux réacteurs de Fessenheim en raison d'un "défaut d'étanchéité" sur une tuyauterie.

"Ce sont en réalité plus de 100 m3 d'eau qui ont jailli, suite non pas à un défaut d'étanchéité mais à une rupture de tuyauterie", écrivent les plaignants dans un communiqué.

Une seconde fuite s'est produite le 5 mars après que la tuyauterie a été "remise en eau, contrairement aux engagements pris par EDF auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et sans qu'aucune évaluation des causes de la rupture de la tuyauterie ni des impacts de la fuite n'ait été réalisée", ajoutent-elles.

Le président de l'ASN, Pierre-Franck Chevet, avait critiqué le 15 avril devant une commission de l'Assemblée nationale "une communication plus que décalée par rapport à la réalité."

"On n'est pas contents de la manière dont ils nous ont informé", a-t-il ajouté, critiquant aussi "l'empressement" d'EDF "à vouloir redémarrer vite sans vérifier tout ce qu'il y avait à vérifier."

"Il va falloir qu'on rediscute avec eux (...) (sur ce que l'incident) révèle en termes de comportements", a conclu le président de l'ASN.

Interrogé par un député sur d'éventuelles sanctions, il a répondu : "On a fait quelque chose, mais on ne peut pas le dire", évoquant une transmission à la justice, sans davantage de détails.

La fermeture de Fessenheim, doyenne des centrales françaises située en zone sismique et inondable, reste prévue "à l'horizon de la fin du quinquennat", a récemment dit François Hollande. (Chine Labbé et Michel Rose, édité par Yann Le Guernigou)