La crainte d'un Grexit crée une dynamique vers un Bund à 0%

lundi 20 avril 2015 11h11
 

LONDRES, 20 avril (Reuters) - Le rendement de la dette allemande à 10 ans a repris sa descente vers zéro lundi, les craintes d'une sortie de la Grèce de la zone euro alimentant la demande de Bunds, valeur de référence de la zone euro, de la part d'investisseurs en quête de sécurité.

Les négociations entre Athènes et ses créanciers internationaux, qui visent à débloquer la dernière tranche d'aide à la Grèce en échange de réformes économiques, piétinent alors que le temps presse pour éviter un défaut de paiement.

Le responsable européen du Fonds monétaire international (FMI), Poul Thomsen, a déclaré au journal allemand Handelsblatt que les discussions s'accéléraient mais qu'il y avait encore beaucoup de chemin à faire pour arriver à un accord.

De son côté, le ministre des Finances grec Yanis Varouflakis a redit dimanche qu'une sortie d'Athènes de la zone euro aurait forcément un effet de contagion sur le reste de la zone.

Le rendement du Bund perd encore un point de base lundi à 0,07%, après avoir touché un creux de 0,05% pendant la séance de vendredi. Il vient de perdre huit points de base en une semaine.

"La dynamique de la baisse des rendements dans la semaine qui vient de s'écouler signale techniquement et psychologiquement une attaque en marche vers le niveau de zéro pour cent pour le rendement du Bund à dix ans", souligne Norbert Wuthe, analyste chez Bayersiche Landesbank.

Les Bunds surperforment les obligations du reste de la zone euro, avec des rendements des obligations moins bien cotées espagnoles et italiennes à 10 ans tous deux en baisse de 1,2 point de base à 1,43%. Les rendements de la dette portugaise, considérée comme le deuxième maillon faible après la Grèce, varie peu à 1,98%.

Les rendements italiens, espagnols et portugais ont repris 40 à 60 points de base en un mois, les rachats d'actifs de la Banque centrale européenne ayant limité l'impact de la Grèce.

Au plus fort de la crise de la zone euro en 2011-2012, le Portugal n'avait plus accès aux marchés des capitaux, tandis que l'Espagne et l'Italie empruntaient à des taux d'environ 7%.

"Le degré de contagion reste limité mais on ne peut (nier) que cela perturbe de plus en plus la politique de resserrement (des rendements) de la BCE (via les rachats d'actifs)", dit Martin van Vliet, responsable de la stratégie chez ING.

Le rendement de la dette à 10 ans grecque grimpe encore à 13,2% lundi matin, contre 13,03% vendredi soir. (Marius Zaharia, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)