Sharp et ses banques en passe de signer un plan de sauvetage

jeudi 16 avril 2015 11h08
 

TOKYO, 16 avril (Reuters) - Sharp et ses banques s'apprêtent à signer un accord de sauvetage de 1,6 milliard d'euros, assorti d'un plan de restructuration qui devrait inclure un engagement à se séparer de son activité d'écrans pour smartphones en difficulté, apprend-on d'une source qui participe aux négociations.

Les deux parties ne devraient toutefois rien annoncer jeudi, au terme d'une réunion entre le directeur général Kozo Takahashi et les banquiers du groupe pour finaliser l'accord, précise la source.

Dans son deuxième sauvetage de grande ampleur en trois ans, les principales banques de Sharp, Mizuho Bank et Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ, prévoient d'injecter au total 200 milliards de yens dans une opération de conversion de dette en actions, précise-t-on de même source.

Le groupe déficitaire va aussi s'engager à réduire sa branche téléviseurs en Amérique du nord et à supprimer environ 5.000 emplois, soit 10% de ses effectifs mondiaux, ajoute-t-on.

La division LCD, qui fournit des écrans pour les fabricants de smartphones et de tablettes et qui devrait faire l'objet d'une scission pour améliorer la transparence et la fiabilité du groupe, resterait dans le giron de Sharp pour le moment.

Des discussions portant sur l'ampleur des réductions d'effectifs et de la restructuration ont retardé les négociations, Sharp étant réticente à une scission de sa division LCD, qui représente 30% des ventes, ont récemment indiqué des sources bancaires et proches de la société.

Les analystes estiment qu'une telle scission pourrait ouvrir la voie à un accord de fusion avec son compatriote Japan Display , option que Sharp dit ne pas envisager.

Le soulagement de savoir qu'un accord est sur le point d'être conclu a dopé l'action Sharp, qui a pris 4,53% jeudi à Tokyo, à son plus haut niveau depuis décembre. Mais l'accord pourrait être jugé insuffisant par de nombreux investisseurs.

"La restructuration devrait arrêter l'hémorragie en termes de pertes et de flux de trésorerie mais elle ne va pas régler le problème de fond", dit Yasuo Sakuma de Bayview Asset Management. "Il est difficile de réagir positivement puisque nous ne voyons aucune stratégie en vue d'une future croissance."

La porte-parole de Sharp Miyuki Nakayama a déclaré que la société étudiait plusieurs options mais n'avait rien décidé, ajoutant que des annonces seraient faites en mai, au moment de la présentation d'un nouveau plan stratégique.

Des représentants des créanciers n'ont pas voulu commenter. (Daiki Iga et Tim Kelly, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)