Blanchard (FMI) prône une réforme du marché du travail en France

mercredi 15 avril 2015 21h21
 

PARIS, 15 avril (Reuters) - Une réforme du marché du travail français est "fondamentale" pour en supprimer les lourdeurs et serait une bonne réforme structurelle, estime le chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), Olivier Blanchard.

Dans un entretien au Figaro à paraître jeudi, l'économiste juge "coûteux pour tous" le marché du travail en France, souvent décrit comme peu flexible par rapport à ses voisins européens ou aux Etats-Unis.

"En France, une réforme du marché du travail me paraît fondamentale", dit-il. "Le système actuel et sa lourdeur administrative et judiciaire, est coûteux pour tous, que ce soit les entreprises ou les travailleurs. L'écart entre CDD et CDI crée deux classes de travailleurs, et est profondément injuste pour ceux qui entrent sur le marché du travail. C'est cela qu'il faut expliquer avec soin."

Sa réflexion fait suite aux débats rouverts par le prix Nobel d'économie Jean Tirole, défenseur du "contrat unique", et plus récemment par les appels réitérés du patronat à "sécuriser" le contrat de travail.

L'ancien patron de l'Organisation mondiale du commerce Pascal Lamy a lui aussi plaidé pour le contrat unique tandis que Louis Gallois s'est fait l'avocat cette semaine d'une simplification du Code du travail. (voir )

La difficulté de mettre en oeuvre de telles réformes, comme l'a montré l'échec de la négociation sur la modernisation du dialogue social, est due selon Olivier Blanchard au fait que la France n'a jamais eu besoin de les faire pour régler une crise profonde.

"Le pays n'a jamais connu de crise très grave au point qu'il faille décider de faire autre chose de radicalement différent pour répondre aux difficultés", dit-il.

"D'autre part, il y a très peu de confiance entre les partenaires sociaux en France. Quand je vois par exemple la discussion sur le contrat unique, les syndicats sont persuadés qu'on veut transformer tous les CDI en CDD, et les patrons pensent qu'on veut faire l'inverse. D'où un blocage." (Gregory Blachier)