Un groupe d'experts européens débaptisé à la demande d'Athènes

mardi 14 avril 2015 16h43
 

FRANCFORT/ATHENES, 14 avril (Reuters) - La Commission européenne va renommer et réorganiser un groupe d'experts de l'Union européenne qui conseille la Grèce sur ses réformes, Athènes refusant de coopérer avec la structure en place, indiquent des responsables mardi.

Cette "Task Force" (groupe de travail) mise en place en 2011, un an après le premier plan de sauvetage accordé à Athènes, a notamment aidé le pays à réformer son administration et le fisc local à s'outiller contre la fraude.

La question a été directement abordée par le Premier ministre grec Alexis Tsipras auprès du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Selon les projets en cours, la "Task Force" va perdre son nom et ses employés, au nombre d'une cinquantaine, vont être réaffectés à une mission plus large d'aide aux pays de l'UE en difficulté, non limitée à la seule Grèce.

"Juncker a dit à Tsipras lors de leur dernière rencontre que le mandat de la Task Force était en train d'expirer et qu'elle serait remplacée par une nouvelle institution chargée du même rôle mais pour tous les pays membres", a déclaré un haut responsable gouvernemental grec.

Alexis Tsipras, dont le parti anti-austérité Syriza a triomphé aux élections législatives du 25 janvier, a déjà obtenu que soit débaptisée la "troïka" d'inspecteurs qui représente les créanciers internationaux du pays.

Le ton s'est durci ces dernières semaines dans les négociations sur la dette grecque entre le nouveau gouvernement d'Athènes et ses partenaires de la zone euro.

La Grèce n'a reçu aucune aide financière extérieure depuis août alors que 7,2 milliards d'euros restent en principe à verser sur le total de 240 milliards prévus par l'Union européenne et le FMI. Elle répète régulièrement depuis plusieurs semaines qu'elle risque de manquer rapidement de liquidités mais ne bénéficie pour l'instant que de l'aide d'urgence de la Banque centrale européenne (BCE) aux banques.

La porte-parole de la diplomatie européenne Federica Mogherini a estimé mardi que la zone euro devait faire preuve de souplesse non seulement par solidarité avec Athènes mais dans son propre intérêt.

"Si l'un s'écroule, tout le système s'écroule, c'est ma conviction profonde", a-t-elle déclaré en marge d'une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à Lübeck, dans le nord de l'Allemagne. (John O'Donnell, Lefteris Papadimas; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)