La croissance chinoise devrait être tombée à 7% au 1er trimestre

jeudi 9 avril 2015 18h10
 

par Koh Gui Qing

PEKIN, 9 avril (Reuters) - La croissance de l'économie chinoise a probablement ralenti à 7% en rythme annuel au cours des trois premiers mois de l'année, son rythme le plus faible depuis six ans, montre une enquête de Reuters, une évolution qui accentuerait la pression sur les autorités politiques et monétaires en faveur de nouvelles mesures de soutien.

Une croissance de 7% sur janvier-mars constituerait la performance la plus faible depuis le premier trimestre 2009 et augmenterait la probabilité de voir la Chine enregistrer sur l'ensemble de cette année sa plus faible croissance depuis 25 ans.

Les jours à venir seront marqués par une pluie d'indicateurs conjoncturels qui débutera par les chiffres de l'inflation vendredi et culminera avec ceux du produit intérieur brut (PIB) mardi, un enchaînement propice à relancer les spéculations sur le calendrier et les modalités d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire.

La Banque populaire de Chine (PBoC) a déjà abaissé ses taux et réduit le ratio de réserves obligatoires ces trois derniers mois après, déjà, des signes de ralentissement de la croissance. Mais les investisseurs s'attendent à de nouvelles mesures de ce genre dans les mois, sinon les semaines à venir.

"Elle devra sans doute faire un peu plus, et un peu plus vite", estime ainsi Kevin Lai, économiste de Daiwa Securities à Hong Kong, qui table sur une croissance de 7,1% en rythme annuel pour le premier trimestre.

Il ajoute que les autorités chinoises s'alarmeraient probablement d'un ralentissement plus marqué, autour de 6,8%, soit un demi-point de pourcentage en dessous de la croissance du quatrième trimestre 2014. Un tel coup de frein serait "trop dur, trop rapide", explique-t-il.

La Chine doit notamment faire face depuis plusieurs mois à la montée de pressions déflationnistes alimentées par les difficultés du marché immobilier et la faiblesse de la demande, sur son marché intérieur comme à l'étranger, une évolution considérée par Pékin comme l'une des principales menaces pour la croissance.

De ce point de vue, les chiffres de l'inflation attendus vendredi pourraient fournir des indications précieuses. La médiane des prévisions de 29 économistes donne une hausse de 1,3% sur un an des prix à la consommation en mars, après 1,4% en février, donc un niveau proche du seuil de 1% considéré comme une "ligne rouge" par les autorités.   Suite...