April 9, 2015 / 12:12 PM / in 2 years

LEAD 2-Le premier DG de LafargeHolcim sera franco-américain

6 MINUTES DE LECTURE

* Venu de Lafarge, Eric Olsen a un parcours varié et "multiculturel"

* Il veut exploiter les racines "franco-suisses" du futur groupe

* La balle dans le camp des actionnaires d'Holcim

* Le Pdt d'Holcim se dit confiant en vue du 8 mai (Actualisé avec déclarations d'Eric Olsen)

par Gilles Guillaume et Oliver Hirt

PARIS/ZURICH, 9 avril (Reuters) - Eric Olsen, actuel directeur général adjoint des opérations de Lafarge, a été retenu pour devenir le premier directeur général de LafargeHolcim, un choix qui devrait mettre un terme à la crise qui a failli faire dérailler le mois dernier le projet de fusion entre les deux groupes cimentiers.

Dans le schéma initial, le PDG de Lafarge Bruno Lafont devait devenir directeur général du futur ensemble et Wolfgang Reitzle, président d'Holcim, président du conseil d'administration du nouveau groupe. Mais face aux réticences exprimées côté helvète, Bruno Lafont a renoncé au rôle de directeur général pour partager avec Wolfgang Reitzle un rôle de co-président non exécutif.

"Mon parcours multiculturel va m'aider à fédérer les équipes", a déclaré Eric Olsen à des journalistes au siège parisien de Lafarge. "Un de nos défis est de mettre les deux sociétés ensemble dans une équipe, et d'oublier qui est Lafarge, qui est Holcim."

Né à Chicago, cet Américain de 51 ans, francophone et francophile, est marié à une Québécoise et a pris la nationalité française il y a un an. Si la fusion LafargeHolcim se concrétise, ses nouvelles fonctions le conduiront à Zurich, où il sera basé et où il a prononcé jeudi matin son premier discours en tant que futur directeur général.

"Je pense fermement que nos racines et nos valeurs franco-suisses, telles que la capacité à rendre des comptes, la prédictabilité et la fiabilité, nous permettront de créer avec succès ce champion global aux cultures et aux facettes multiples" a-t-il déclaré cette fois en anglais, après une première formule de politesse en allemand à l'attention de son public suisse.

Eric Olsen a rejoint Lafarge en 1999 après avoir commencé sa carrière chez Deloitte & Touche. Il a été directeur de la stratégie et directeur financier de l'activité nord-américaine du groupe, un temps cotée en Bourse, a dirigé les ressources humaines de Lafarge où il a piloté la réorganisation de 2011-2012, et devait initialement superviser le Moyen-Orient et l'Afrique dans le futur LafargeHolcim.

dernière Ligne Droite

A un mois d'une assemblée générale extraordinaire d'Holcim déterminante pour la fusion, le choix d'un nouveau directeur général, que le groupe français tenait à choisir en amont en vertu de l'esprit de "fusion entre égaux" du projet initial, restait le dernier point sensible à régler depuis le compromis du 20 mars.

Ce jour-là, pour sortir de la crise, les deux groupes ont modifié en faveur d'Holcim la parité d'échange initiale pour refléter la différence de performance entre les entreprises et la flambée récente du franc suisse.

Parmi les actionnaires d'Holcim, le fonds américain Harris Associates avait prévenu qu'il ne déciderait de voter ou non en faveur du projet de fusion, à l'AG du 8 mai, qu'une fois le nom du nouveau directeur général connu.

"Nous sommes convaincus que nous aurons suffisamment de voix pour le deal", a dit Wolfgang Reitzle au cours de la conférence de presse organisée pour la nomination d'Eric Olsen. A ses côtés, Bruno Lafont a déclaré qu'il était dans l'intérêt de tous les actionnaires de soutenir le projet LafargeHolcim.

"Nous sommes bien entendus dans la dernière ligne droite", a-t-il ajouté une fois de retour au siège parisien de Lafarge.

L'action Lafarge a clôturé jeudi en hausse de 5,72% à la Bourse de Paris tandis qu'à Zurich le titre Holcim a gagné 3,6%.

"Le profil (d'Eric Olsen) est intéressant dans la mesure où il combine expérience à l'international, dans différents départements, dans le cadre parfois de missions spécifiques au domaine du M&A", commente Aurel BGC dans une note. "Son expérience est donc très variée et devrait être un atout pour diriger un groupe de taille mondiale présent dans 90 pays."

Holcim doit encore obtenir l'aval de deux tiers de ses actionnaires pour procéder à l'augmentation de capital qui structurera l'offre d'échange entre les actions Lafarge et Holcim, dans un ratio de dix pour neuf. L'opération est aussi conditionnée à l'apport à l'offre d'au moins deux tiers des actions et droits de vote de Lafarge.

Répondant à une autre critique de la partie suisse sur l'intérêt pour Holcim de la fusion, Eric Olsen a déclaré que les deux groupes étaient déterminés à réaliser les synergies de 1,4 milliard d'euros prévues, et que le travail depuis un an du comité d'intégration avait montré que ces synergies potentielles étaient "réelles".

Il a aussi indiqué que l'intégration complète entre les deux groupes devrait durer entre douze et 18 mois, une fois le mariage définitivement scellé.

Dévoilé en avril 2014, la fusion entre les deux groupes doit donner naissance à un nouveau numéro un mondial du ciment, du béton et des granulats pesant plus de 40 milliards de dollars de chiffre d'affaires combiné.

Fin mars, les deux groupes ont dit espérer boucler leur rapprochement en juillet. Bruno Lafont a précisé jeudi que la fusion serait vraisemblablement close le 15 juillet. (Avec Leila Abboud, Bertrand Boucey et Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)

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