LEAD 1-La Russie pourrait avancer à la Grèce des fonds liés à un projet gazier

mercredi 8 avril 2015 23h43
 

(Actualisé avec précisions, estimation d'une seconde source)

MOSCOU, 8 avril (Reuters) - La Russie envisage d'avancer à la Grèce les sommes qu'elle pourrait gagner de la livraison de gaz russe à l'Europe dans le cadre de l'extension du gazoduc Turkish Stream, a-t-on appris mercredi dans l'entourage du gouvernement grec.

Cette extension, qui mènerait le gaz russe de la Turquie vers l'Europe via la Grèce, pourrait aussi avoir pour conséquence de faire baisser la facture de gaz russe d'Athènes, mais Moscou n'a encore pris aucune décision concernant d'éventuelles réductions, ont indiqué ces responsables.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a exprimé son intérêt dans le projet, qui doit dans un premier temps acheminer le gaz russe vers la Turquie via la mer Noire, lors de discussions avec le président russe Vladimir Poutine mercredi à Moscou.

Lors d'une conférence de presse avec Alexis Tsipras, Vladimir Poutine a déclaré que les deux dirigeants n'avaient pas conclu d'accord précis sur la participation de la Grèce au projet Turkish Stream mais il a souligné que la Grèce était en position de gagner des centaines de millions d'euros chaque année en honoraires de transit en cas d'extension de Turkish Stream.

La Grèce remboursera l'avance russe après la mise en exploitation du gazoduc, a indiqué un des deux responsables grecs sans chiffrer la somme.

L'autre personne interrogée a estimé que la Grèce pourrait gagner environ 500 millions d'euros par an si elle participe à l'extension du Turkish Stream. Elle a ajouté que la somme à avancer serait décidée par la Russie.

La Grèce estime que l'extension du Turkish Stream sera opérationnelle en 2019 et souhaite une ristourne de 10% sur ses approvisionnements en gaz russe, indique-t-on.

Le gouvernement Tsipras risque de se trouver à court de fonds d'ici quelques semaines s'il ne parvient pas à trouver avec ses créanciers internationaux un accord "réformes contre liquidités". (Renee Maltezou; Danielle Rouquié pour le service français)