Des Chinois réclament la transparence sur le Roundup de Monsanto

mercredi 8 avril 2015 12h41
 

PEKIN, 8 avril (Reuters) - Trois citoyens chinois ont saisi la justice de leur pays pour tenter de contraindre le ministère de l'Agriculture à rendre public le rapport toxicologique ayant permis il y a 27 ans la commercialisation en Chine du Roundup, le désherbant de Monsanto.

Cette initiative, fait rare en Chine, intervient après la publication le mois dernier d'un rapport d'une agence de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) jugeant probablement cancérigène pour l'être humain le glyphosate, la principale substance du Roundup. Monsanto a rejeté les conclusions de ce rapport.

Un tribunal de Pékin a accepté d'examiner cette requête mais n'a pas fixé la date de l'audience, a dit un représentant de cette cour à Reuters.

Le Roundup est notamment utilisé dans la culture du soja génétiquement modifié pour résister à son impact, ce qui est censé permettre aux agriculteurs de détruire les mauvaises herbes sans nuire à leur plants. La Chine importe environ 65% du soja commercé dans le monde.

Les trois requérants -- le militant anti-OGM Yang Xiaolu, Li Xiangzhen et Tian Xiangping -- demandent que le ministère de l'Agriculture rende publics les résultats des tests sur les animaux invoqués par les autorités pour appuyer en 1988 la commercialisation du Roundup en Chine.

Ce rapport rédigé en 1985 par Younger Laboratories, une structure basée aux Etats-Unis, a été fourni au ministère par Monsanto, selon eux.

Le ministère n'a pas répondu dans l'immédiat aux demandes de commentaires. (Dominique Patton, Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)