Le ton monte entre Berlin et Athènes sur les réparations de guerre

mercredi 11 mars 2015 14h17
 

BERLIN/ATHENES, 11 mars (Reuters) - L'Allemagne a une nouvelle fois rejeté mercredi les demandes grecques de réparations de guerre à la suite de l'occupation de la Grèce par la Wehrmacht entre 1941 et 1944.

A Athènes, le ministre de la Justice Nikos Paraskevopoulos s'est déclaré prêt à appliquer une décision de la Cour suprême grecque datant d'il y a quinze ans, autorisant la Grèce à confisquer des biens allemands pour verser des indemnités aux descendants des victimes d'un massacre commis par des Waffen SS en juin 1944 dans le village de Distomo.

"Nous sommes fermement convaincus que la question des réparations et des indemnités est juridiquement et politiquement réglée", a déclaré à Berlin Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel.

"Nous devons nous consacrer aux questions actuelles et, je l'espère, à bâtir un avenir heureux", a-t-il ajouté.

Un porte-parole du ministère allemand des Finances a déclaré qu'il n'y avait aucune raison d'ouvrir des discussions avec le gouvernement grec sur des réparations de guerre et a jugé que cette affaire n'était qu'une manoeuvre de diversion pour faire passer au second plan les défis économiques et financiers que la Grèce doit relever en ce moment.

S'exprimant sur la chaîne de télévision Mega TV, le ministre grec de la Justice a rappelé mercredi qu'une décision de la Cour suprême en 2000 autorisait le gouvernement à saisir des biens appartenant à des Allemands afin de verser des réparations aux descendants des victimes de Distomo, où 218 habitants avaient été massacrés.

Cette décision doit être approuvée par le ministre de la Justice pour être appliquée. Depuis quinze ans, les prédécesseurs de Nikos Paraskevopoulos ont refusé de le faire, voulant éviter une confrontation directe avec Berlin.

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