LEAD 1-Brésil-Un ex-dirigeant de Petrobras détaille la corruption

mercredi 11 mars 2015 00h53
 

(Actualisé avec réaction du Parti des travailleurs)

BRASILIA, 10 mars (Reuters) - Un ancien dirigeant de Petrobras a exposé mardi devant une commission parlementaire le système ayant permis, selon lui, au Parti des travailleurs (PT) au pouvoir au Brésil de recevoir jusqu'à 200 millions de dollars détournés des caisses du groupe pétrolier brésilien.

Réitérant publiquement des accusations formulées dans le cadre d'une procédure de plaider-coupable, Pedro Barusco, ancien cadre du département des services de Petrobras, a dit avoir reçu dès 1997 des versements qui ont surtout commencé à prendre de l'ampleur à partir de 2004, un an après l'arrivée au pouvoir du PT.

Selon lui, João Vaccari, trésorier du PT, et Renato Duque, ancien dirigeant du département des services de Petrobras, ont eux aussi bénéficié de versements.

Pedro Barusco a dit aux parlementaires n'avoir jamais transmis personnellement de fonds à João Vaccari mais il estime que le PT a reçu entre 150 et 200 millions de dollars (140 et 186 millions d'euros) entre 2003 et 2014, en se fondant sur le montant des commissions qu'il a lui même reçues.

"J'en ai eu, ils en ont eu", a dit Pedro Barusco qui a promis de restituer 97 millions de dollars au Trésor public dans le cadre d'une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité.

Le Parti des travailleurs a assuré que son trésorier n'avait jamais évoqué la question de son financement avec Pedro Barusco. Dans un communiqué, il affirme n'avoir reçu que des dons autorisés et considère que Pedro Barusco n'a pas apporté au cours de ses cinq heures de témoignage la moindre preuve reliant João Vaccari à des faits de corruption.

Quarante personnes, dont deux anciens dirigeants de Petrobras, ont été inculpés par un juge de la ville méridionale de Curitiba. Quatorze d'entre elles sont en détention préventive.

Parallèlement, une enquête de la Cour suprême, seule instance habilitée à juger les parlementaires, va porter sur 12 sénateurs et 22 députés issus de cinq partis. Un seul ne fait pas partie de la coalition au pouvoir.   Suite...