Budget-Après Paris, Dublin réclame à son tour de la souplesse

mardi 10 mars 2015 18h41
 

BRUXELLES, 10 mars (Reuters) - L'Irlande a demandé mardi aux instances européennes une souplesse accrue dans l'examen de son budget après les marques d'indulgence montrées par la Commission à l'égard de la France et de l'Italie.

Les ministres européens des Finances ont validé mardi une nouvelle extension de deux ans du délai accordé à la France pour ramener son déficit public sous la limite de 3% de son produit intérieur brut (PIB).

Ils ont également suivi l'avis de la Commission qui proposait de ne pas ouvrir de procédure d'infraction pour déficit excessif à l'encontre de l'Italie, alors que son ratio dette publique/PIB est le deuxième plus important de la zone euro derrière celui de la Grèce.

"Si vous faites preuve d'indulgence à l'égard de six ou sept pays européens, dont la France, nous souhaitons nous aussi de l'indulgence. De l'indulgence dans le respect des règles", a dit le ministre irlandais des Finances, Michael Noonan, à des journalistes.

L'Irlande, qui s'est imposé des cures d'austérité douloureuses pour ramener son déficit budgétaire de 12,6% du PIB en 2011 à un niveau estimé à 2,9% cette année, souhaite être autorisée à augmenter ses dépenses l'an prochain sur la base de sa croissance nominale et non sur celle de sa croissance potentielle à moyen terme.

Le Pacte de stabilité et de croissance de l'Union européenne prévoit que les pays de la zone euro consolident leurs finances publiques jusqu'à atteindre l'équilibre ou un excédent.

Les règles prévoient également qu'un pays dont le déficit budgétaire est inférieur à 3% mais pas encore revenu à l'équilibre, comme ce sera sans doute le cas de l'Irlande, limite l'augmentation de ses dépenses au niveau de sa croissance potentielle à moyen terme.

Michael Noonan a déclaré que les chiffres de la Commission montrent que l'économie irlandaise "progresse au rythme de 0,6% alors que la Commission dit elle-même que nous sommes (en 2015) à 3,5%".

Selon lui, les calculs de la Commission ont fondés sur des taux de croissance qui prennent encore en compte la récession irlandaise.

"Avec les chiffres actuels, si vous faites la même opération, vous obtenez 1,1 et dans les prévisions de printemps (de la Commission) qui sortiront sous peu, je pense que cela augmentera parce qu'ils ont dit s'attendre à ce que la croissance de l'Irlande soit de 3,6% (en 2016)", a-t-il dit.

Dans ses dernières prévisions en date, l'exécutif européen estime que la croissance irlandaise devrait être de 2,7% cette année et de 3,5% en 2016, des rythmes susceptibles d'augmenter la marge de manoeuvre de Dublin. (Robin Emmott et Padraic Halpin à Dublin,; Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand)