La CIA a tenté de pirater l'iPhone dès son lancement-presse

mardi 10 mars 2015 14h31
 

par Eric Auchard

FRANCFORT, 10 mars (Reuters) - Les chercheurs de la CIA tentent depuis des années de percer les systèmes de sécurité protégeant les smartphones et les tablettes d'Apple, indique mardi le site américain de journalisme d'investigation The Intercept en se fondant sur des documents fournis par Edward Snowden.

L'article cite des documents confidentiels suggérant que des chercheurs employés par les agences gouvernementales américaines ont mis au point une version de XCode, l'outil logiciel permettant de développer des applications pour les appareils mobiles du groupe à la pomme.

Cela leur aurait permis de créer des "portes dérobées" (des failles permettant une surveillance à l'insu du propriétaire de l'appareil) dans des programmes commercialisés via l'App Store.

Selon les documents fournis par le lanceur d'alerte qui a révélé à l'été 2013 les pratiques d'écoutes massives du renseignement américain, ces tentatives de contournement ont démarré en 2006, soit un an avant la mise sur le marché du premier iPhone.

The Intercept indique que les derniers documents, datant de 2013, ne permettent pas de déterminer si le renseignement américain est parvenu à forcer le système de cryptage des données d'Apple, qui garantit la sécurité des données et des communications de l'utilisateur.

Ces travaux s'inscrivaient dans le cadre d'un programme ultraconfidentiel de l'administration américaine, avec l'assistance du renseignement britannique, visant à pirater "les appareils de communication sécurisés, à la fois à l'étranger et sur le territoire national", y compris les téléphones fonctionnant avec le système d'exploitation Android de Google , indique le site d'information.

Un porte-parole d'Apple n'a pas souhaité réagir spécifiquement à cet article, rappelant de précédentes déclarations de Tim Cook relatives à la protection de la vie privée des utilisateurs des produits du groupe.

Le directeur général de la firme de Cupertino avait indiqué dans un communiqué publié l'an dernier qu'Apple "n'avait jamais collaboré avec quelque agence gouvernementale que ce soit pour créer une 'porte dérobée' dans l'un de (ses) produits ou de (ses) services" et n'avait "jamais autorisé l'accès à ses serveurs" et ne le "fer(ait) jamais."

La CIA, sollicitée pour commenter cet article, n'a pas répondu dans l'immédiat. (Myriam Rivet pour le service français; édité par Patrick Vignal)