Dépenser 1.000 milliards, pas si facile pour la BCE

lundi 9 mars 2015 16h00
 

par Marius Zaharia

LONDRES, 9 mars (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a commencé lundi à racheter des obligations d'Etat sur les marchés financiers, pour tenir la promesse de son président, Mario Draghi, d'injecter plus de 1.000 milliards d'euros dans l'économie de la zone euro d'ici septembre 2016 mais cette nouvelle aventure s'annonce semée d'embûches.

La première de celles-ci risque d'être la réticence des investisseurs à vendre dans le cadre d'un processus qui risque de créer des distorsions sur certains segments du marché de la dette souveraine.

Mario Draghi s'est efforcé la semaine dernière d'apaiser les craintes de certains observateurs de voir la BCE peiner, faute de vendeurs notamment, à atteindre son objectif de 60 milliards d'euros d'achats mensuels, en expliquant que la moitié des obligations d'Etat émises dans la zone euro étaient détenues hors de la région.

Les investisseurs basés en dehors de la zone euro seraient en théorie plus enclins à vendre leurs titres, la création monétaire en euro risquant de déprécier leurs avoirs libellés dans la monnaie unique.

Mais la perspective d'une hausse des taux d'intérêt aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne au cours des 12 prochains mois pourrait dissuader les investisseurs de quitter la zone euro pour revenir vers les marchés américain et britannique juste avant une remontée des rendements, donc une baisse des cours des obligations.

Leur réticence à vendre pourrait forcer la BCE à surpayer ses achats de titres, donc à faire baisser les rendements, créant ainsi des distorsions sur le marché.

CERTAINS VENDEURS SERONT DIFFICILES À CONVAINCRE   Suite...