Les banques européennes doivent encore réduire leurs coûts-étude

lundi 9 mars 2015 13h33
 

LONDRES, 9 mars (Reuters) - Les banques européennes devraient réduire leurs coûts de 20% et augmenter leurs revenus de 15% pour que leur rentabilité compense leur coût du capital, conclut une étude publiée lundi le cabinet de conseil EY.

Le rendement des fonds propres (RoE) des banques du Vieux Continent, indicateur clé de leur rentabilité, devrait encore être en moyenne inférieur de moitié à leur coût du capital cette année, donc très loin de celui de leurs concurrentes américaines, en raison de coûts élevés et d'une croissance économique faible, explique l'étude. Des réductions d'effectifs et des restructurations sont donc inévitables.

Le Baromètre bancaire européen d'EY montre que le RoE du secteur devrait augmenter de 1,6 point de pourcentage en moyenne cette année, à 4,4%, contre 12,2% aux Etats-Unis.

L'enquête est fondée sur une enquête auprès de 226 cadres dirigeants de banques dans 11 pays.

Ses conclusions montre que les banques de la zone euro en particulier peinent encore à atteindre une rentabilité suffisante pour compenser leur coût du capital.

La situation est un peu meilleure pour les banques britanniques, dont le RoE devrait atteindre 9,5% cette année, son plus haut niveau depuis 2007, précise EY.

Le cabinet ajoute que 69% des personnes interrogées dans le cadre de son enquête en Europe ont dit envisager des mesures de restructuration, parmi lesquelles des cessions ou des acquisitions, des partenariats ou des coentreprises, contre 55% il y a un an.

"Le ralentissement de la croissance et des réformes structurelles forcent les banques à reconsidérer sérieusement la viabilité de certaines unités. En particulier, on pourrait commencer à observer l'impact tangible des réformes structurelles sur le modèle de banque universelle", a déclaré Steven Lewis, analyste spécialisé d'EY.

Les coûts des banques européennes devraient diminuer en moyenne de 1,6% cette année tandis que leurs revenus devraient augmenter de 3,5%, ont dit les dirigeants interrogés, des chiffres plus élevés que ceux enregistrés l'an dernier, ajoute l'étude.

Les coûts salariaux représentent environ 54% des coûts d'exploitation et 43% des dirigeants qui ont répondu ont dit s'attendre à une diminution des effectifs cette année.

Les coupes les plus importantes sont à prévoir dans les pays nordiques, en Italie et en Autriche, explique EY. (Steve Slater, Marc Angrand pour le service français)