UE/Déficits-Grincements de dents après le délai accordé à Paris

vendredi 6 mars 2015 14h55
 

par Jan Strupczewski

BRUXELLES, 6 mars (Reuters) - La France, l'Allemagne et la Commission européenne sont persuadées que le fait de ne pas avoir sanctionné l'incapacité de Paris à tenir ses objectifs de réduction du déficit public est un bon compromis qui soutient l'euro.

Mais il n'est guère difficile de trouver des responsables européens pour qui cette décision signale aux gouvernements et aux investisseurs que les règles censées assurer la cohésion de la zone euro sont désormais lettre morte. Au risque, craignent-ils, d'affaiblir la défense la monnaie unique en cas de future crise.

"Les règles sont à peine compréhensibles, et leur mise en oeuvre tient du bazar politique", a déclaré la semaine dernière le président de la Bundesbank, Jens Weidmann.

A Bruxelles cette semaine, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, ont tenu le même discours apaisant: le budget français est "sur la bonne voie", a assuré Merkel.

Mais au sein du gouvernement allemand, on reconnaît que la décision est politique. Embarrasser le président François Hollande ne ferait qu'attiser ses adversaires hostiles à l'euro, à commencer par le Front national.

A la Commission, des responsables évoquent en privé les désaccords au sommet qui ont précédé la décision, annoncée le 25 février, d'accorder à la France deux ans de plus, soit jusqu'en 2017, pour ramener son déficit sous la limite de 3% du PIB.

Un haut fonctionnaire européen rappelle qu'en janvier, une note de la Commission expliquant jusqu'à quel point les critères du Pacte de stabilité et de croissance peuvent être assouplies en cas de récession a affaibli les règles censées harmoniser les politiques économiques des pays membres de la zone euro.

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