Areva-Faire le point avant toute opération financière-Macron

mardi 3 mars 2015 14h25
 

PARIS, 3 mars (Reuters) - Areva doit faire le point sur "sa situation réelle" avant qu'une opération financière puisse être envisagée, a déclaré mardi le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, à Reuters.

A la veille de la présentation officielle des résultats du groupe nucléaire en difficulté, dont l'Etat est actionnaire à 87%, il n'a pas exclu qu'Areva annonce des cessions, une option évoquée par des sources syndicales.

Prié de dire si la vente par l'Etat de titres Safran pour environ un milliard d'euros pourrait l'aider à recapitaliser Areva, Emmanuel Macron a déclaré : "La société a un travail opérationnel et stratégique à présenter avant que l'Etat ne se précipite pour mener des opérations financières."

"Il faut attendre les annonces de la société demain. Il ne s'agit pas pour l'Etat de communiquer avant la société", a-t-il ajouté, en marge de la signature d'accords économiques avec le Québec.

"La priorité, c'est que la société puisse à la fois faire un état des lieux et présenter au marché sa situation réelle sur le plan financier et opérationnel et mette en place et exécute un plan de redressement sur le plan opérationnel et stratégique qui s'impose", a ajouté Emmanuel Macron.

Interrogé sur les informations faisant état d'un besoin de recapitalisation de 2 à 2,5 milliards d'euros, il a répondu : "Là-dessus, ce n'est pas du tout la priorité. Il faut d'abord que demain la société puisse annoncer de manière très claire où elle en est sur le plan opérationnel et financier avant qu'on puisse envisager quelque opération que ce soit."

Quant à d'éventuelles cessions d'actifs qui pourraient être annoncées mercredi, "je pense que ça peut faire partie des choix que la société retiendra, que ça fait partie des choix opérationnels qui sont à sa main", a-t-il déclaré, en soulignant ne pas vouloir "préempter ses annonces".

La direction d'Areva a annoncé le 23 février que les pertes du groupe pour 2014 se chiffraient à 4,9 milliards d'euros et qu'une "feuille de route stratégique et financière" était en préparation.

Selon des sources syndicales, les pertes d'exploitation ne représenteraient qu'environ 1,2 milliard d'euros sur ce total. (Jean-Baptiste Vey, édité par Benjamin Mallet)