LEAD 1-Tsipras dément que la Grèce demandera un 3ème plan d'aide

vendredi 27 février 2015 20h56
 

(Actualisé avec citations, enquête, contexte)

ATHÈNES, 27 février (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a démenti vendredi que son pays aurait à demander un troisième plan d'aide internationale à la fin de la prolongation de quatre mois du programme en cours.

Dans un discours télévisé au conseil des ministres, il a également déclaré que le gouvernement grec avait demandé une réduction de la dette du pays, bien que ses créanciers de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) insistent sur la nécessité pour la Grèce de respecter la totalité de ses engagements.

"Certains ont parié sur un troisième plan d'aide, sur la possibilité d'un troisième plan d'aide en juin. Je suis tout à fait désolé mais encore une fois nous allons les décevoir. Qu'ils oublient toute idée d'un troisième plan d'aide. Le peuple grec a mis fin aux plans d'aide avec son vote", a déclaré Alexis Tsipras, dont le parti de la gauche radicale Syriza a remporté les élections législatives anticipées il y a un mois, notamment sur la promesse de mettre fin aux politiques d'austérité et de réformes imposées par les créanciers du pays.

La Grèce a déjà obtenu deux plans d'aide internationale de 240 milliards d'euros au total mais l'Irlande a dit la semaine dernière que le pays devrait négocier un troisième plan d'aide.

Athènes a dû revenir sur plusieurs de ses engagements de campagne pour parvenir à un accord avec ses partenaires de la zone euro prolongeant de quatre mois le plan de renflouement financier du pays qu'Alexis Tsipras s'était engagé à rejeter.

Ce plan d'aide devait arriver à expiration samedi mais Athènes n'a toujours pas accès aux marchés financiers et les recettes fiscales du pays ont été inférieures aux objectifs.

Pendant que le Premier ministre s'exprimait devant ses ministres dans le bâtiment du Parlement à Athènes, des milliers de sympathisants communistes protestaient devant l'immeuble pour dénoncer l'accord conclu à Bruxelles avec les ministres des Finances de la zone euro la semaine dernière.

Alexis Tsipras a défendu les concessions accordées.

"Nos partenaires européens ont dû accepter quelque chose qui hier encore semblait tabou: que les plans d'aide (...) étaient non seulement socialement destructeurs, mais aussi économiquement inefficaces", a-t-il déclaré.

Jusqu'à présent, il semble néanmoins avoir le soutien de la population. Selon un sondage de Metron Analysis à publier samedi dans le journal Parapolitika, plus de deux Grecs sur trois sont satisfaits de la façon dont le gouvernement a négocié avec ses partenaires européens et 76% d'entre eux ont une opinion favorable concernant l'action du gouvernement de façon générale. (Karolina Tagaris et Costas Pitas, Juliette Rouillon pour le service français)