Le jeu vidéo mène à tout, même au boursicotage

lundi 16 février 2015 17h47
 

par Sudip Kar-Gupta

LONDRES, 16 février (Reuters) - Les jeunes passionnés de jeux vidéo deviennent la cible d'applications boursières dont l'objet est d'attirer une génération post-crise pour qui la finance est sans intérêt ou suscite une profonde méfiance.

Couleurs vives, graphismes cartoonesques, possibilité de jouer à boursicoter sans risque moyennant des crédits virtuels, voici ce que proposent des applications telles que BUX ou Kapitall; point de graphiques complexes ou de jargon financier, seulement des parties en ligne ponctuées de petites exclamations habituelles aux joueurs telles que "OMG!", après avoir placé un ordre.

Le trading boursier est un segment mineur du marché du jeu mobile, qui pèse 15 milliards de dollars, mais les deux tiers des traders individuels britanniques utilisent déjà leur smartphone ou leur ordinateur pour acheter ou vendre, un constat que les concepteurs d'applications veulent exploiter.

"Les développeurs se rendent compte que les jeux sont joués par toutes sortes de gens aux motivations les plus diverses et la même personne rivée à son jeu vidéo peut très bien vouloir ressentir le même frisson grâce à la Bourse", observe Kam Star, fondateur et directeur général du studio PlayGen.

Nick Bortot, ex-responsable chez le courtier en ligne Binckbank, a créé BUX (getbux.com) l'an passé à Amsterdam et à Londres. BUX avait été précédé par Kapitall et Invstr (invstr.com).

BUX et Kapitall permettent à deux joueurs de se confronter par exemple sur la performance future d'une action et il leur est également loisible de parier non seulement des crédits virtuels mais aussi de l'argent bien réel.

"Avec BUX j'ai accroché tout de suite: jouer pour le fun, tenter de comprendre comme les marchés et les actions marchent. Depuis la mi-décembre, je parie de l'argent réel", commente Nathaniel Brooks, un manager de 28 ans par ailleurs fan de la PlayStation.

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