France-La vente du Rafale à l'Egypte suscite aussi des critiques

vendredi 13 février 2015 17h01
 

PARIS, 13 février (Reuters) - Des défenseurs des droits de l'homme et divers responsables politiques français s'élèvent contre la vente d'avions de combat Rafale au régime du président Abdel Fattah al Sissi dont ils dénoncent le caractère répressif et l'instabilité.

La France a annoncé jeudi avoir conclu avec Le Caire un accord pour la vente de 24 Rafale, d'une frégate multimissions et de missiles, pour un montant de plus de 5 milliards d'euros.

Jean-Marie Fardeau, directeur du bureau de Human Rights Watch (HRW) à Paris, s'inquiète d'une "diplomatie du portefeuille" alors que la situation est "exceptionnellement dure, répressive en Egypte".

"L'Egypte est peut être un allié de la France, mais un allié extrêmement encombrant avec lequel malheureusement on fait un business qui nous semble aujourd'hui hors de propos dans ce contexte", a-t-il dit sur BFM TV.

"La manière dont le gouvernement de M. Sissi gère ce pays est irresponsable en matière de stabilité du pays à moyen et à long terme y compris pour la région", a-t-il ajouté, estimant que Paris pouvait attendre d'autres clients pour le Rafale.

La veille de l'annonce du contrat, Amnesty international France avait estimé que la répression "sans précédent depuis trente ans" en Egypte devait "conduire la France à opposer un veto à d'éventuelles ventes d'armement à l'Égypte".

"UNE HONTE"

Rama Yade, ex-secrétaire d'Etat Droits de l'homme sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a également souligné sur BFM TV la dureté de la répression en Egypte.   Suite...