11 février 2015 / 09:54 / il y a 3 ans

La startup française Sigfox lève 100 millions

par Sophie Sassard

LONDRES/PARIS, 11 février (Reuters) - La startup française Sigfox a annoncé mercredi avoir levé 100 millions d‘euros auprès d‘investisseurs de premier plan en Europe, aux Etats-Unis et en Asie, des capitaux qui seront affectés au développement d‘un réseau dit d‘internet des objets.

Par son montant, cette levée de fonds dépasse celle de 100 millions de dollars bouclée l‘été dernier par une autre “jeune pousse” française, le spécialiste du covoiturage BlaBlaCar.

C‘est la troisième fois depuis sa création voici cinq ans par l‘homme d‘affaires Ludovic Le Moan que Sigfox sollicitait ses investisseurs pour financer sa croissance, portée par un réseau qui doit s‘étendre à 60 pays dans les cinq années à venir.

Parmi les participants au nouveau tour de table figurent les groupes industriels français GDF Suez et Air Liquide , l‘opérateur de télécommunications espagnol Telefonica , le japonais NTT Docomo et le sud-coréen SK Telecom, l‘opérateur de satellites Eutelsat, et le fonds spéculatif américain Elliott Management.

La présence d‘Elliott, qui gère quelque 25 milliards de dollars de participations, doit permettre en particulier à Sigfox de gagner en crédibilité en vue de la conquête de nouveaux marchés, particulièrement aux Etats-Unis.

De son côté, la banque publique Bpifrance, déjà présente au capital, a précisé dans un communiqué qu‘elle avait participé à la nouvelle levée de fonds de Sigfox, dont le réseau couvre la France, l‘Espagne, les Pays-Bas et 10 des principales villes britanniques.

L‘an dernier, Sigfox avait levé 15 millions d‘euros auprès d‘Idinvest Partners, de Bpifrance du Fonds Ambition Numérique, et de ses investisseurs historiques Elaia Partners, Intel Capital, Ixo Private Equity et Partech.

OBJECTIF: 100 MILLIONS D‘OBJETS CONNECTÉS D‘ICI 2020

Le nouveau tour de table doit permettre à la société de financer son expansion aux Etats-Unis, en Amérique latine, au Japon et en Corée du Sud.

La startup, présidée depuis l‘an dernier par Anne Lauvergeon, ex-présidente d‘Areva, est spécialisée dans des réseaux sans fil à bas coûts et à faible consommation énergétique permettant de connecter entre eux des objets aussi divers que des compteurs d‘électricité, des montres connectées ou encore des machines à laver.

Ces objets émettent de petites quantités de données à la fois et doivent être connectés en permanence et Sigfox estime que sa technologie est mieux adaptée à ces paramètres que les réseaux mobiles des opérateurs télécoms.

“Il est en quelque sorte le Vodafone de l‘internet des objets; il ne gère pas les applications lui-même mais fournit le réseau”, a expliqué William Wabb, directeur général de la société à but non lucratif The Weightless SIG, qui milite pour des normes ouvertes dans la communication de machine à machine.

“C‘est lui qui est allé le plus loin pour le moment”, poursuit-il, faisant référence à d‘autres sociétés présentes sur le segment telles Nwave et Senaptic.

Sigfox facture actuellement un euro par objet connecté et vise les 100 millions d‘objets au moins d‘ici 2020, donc un chiffre d‘affaires de 100 millions d‘euros contre trois millions en 2014, a expliqué l‘une des sources.

La plupart des investisseurs pensent rentabiliser leur investissement par le biais d‘une éventuelle introduction en Bourse, ont expliqué des sources.

Le consultant McKinsey estime que d‘ici 2020, le marché mondial des objets connectés représentera 20 à 30 milliards d‘unités. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)

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