Hollande et Mohammed VI scellent la réconciliation Paris-Rabat

lundi 9 février 2015 18h43
 

PARIS, 9 février (Reuters) - François Hollande a reçu lundi le roi du Maroc Mohammed VI pour un entretien qui marque la réconciliation entre Paris et Rabat après le rétablissement fin janvier, après de vives tensions diplomatiques, de la coopération judiciaire entre les deux pays.

"Cela marque un moment fort de réconciliation", a-t-on commenté dans l'entourage du président français, où l'on se félicite de la relance de la coopération entre les deux pays.

Les deux chefs d'Etat n'ont fait aucune déclaration après leur entretien.

Les accords de coopération judiciaire entre le Maroc et la France avaient été suspendus le 27 février 2014 à l'initiative de Rabat pour protester contre le dépôt, en France, de plaintes visant le patron du renseignement marocain Abdellatif Hammouchi pour "torture" et "complicité de torture".

Les relations s'étaient encore envenimées en mars 2014 avec la fouille du chef de la diplomatie marocaine à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.

Après de longues tractations, la ministre de la Justice Christiane Taubira et son homologue Moustapha Ramid ont signé le 31 janvier un accord rétablissant leur coopération judiciaire.

"Les deux chefs d'Etat se sont réjouis que les conditions soient réunies pour une nouvelle dynamique de coopération confiante et ambitieuse entre la France et le Maroc dans tous les domaines", a dit l'Elysée dans un communiqué.

Au-delà de l'impact sur le plan pénal et civil, notamment pour les couples franco-marocains, le froid diplomatique a pesé sur la coopération sécuritaire entre les deux pays à l'heure où plusieurs milliers de Français et de Marocains ont rejoint les rangs de l'Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak.

La coopération sur ce front est maintenant pleinement opérationnelle, assure l'Elysée.

François Hollande et Mohammed VI ont "souligné la détermination de la France et du Maroc à lutter ensemble contre le terrorisme et à coopérer pleinement dans le domaine de la sécurité", écrit la présidence dans son communiqué. (Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)