** LE POINT SUR LES MARCHÉS à la clôture en Europe **

lundi 9 février 2015 18h05
 

(Actualisé avec cours de fermeture de Madrid, §9)
    PARIS, 9 février (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé lundi dans
le rouge sous le double effet de la crise grecque, Athènes cédant 4,75% avec le
nouvel effondrement de ses valeurs bancaires, et des chiffres plus mauvais que
prévu du commerce extérieur de la Chine.
    Les violences en Ukraine ont aussi incité les investisseurs à la prudence,
en particulier à Francfort, où le Dax allemand a perdu 1,69%.
L'Allemagne est perçue comme une économie particulièrement exposée à la Russie,
contre laquelle l'Union européenne a entériné lundi de nouvelles sanctions tout
en reportant leur application. 
    Les stratégistes de JP Morgan ont en outre abaissé leur recommandation sur
le Dax, de "surpondération" à "neutre", en évoquant parmi divers facteurs les
bonnes performances récentes de la Bourse de Francfort.
    À Paris, le CAC 40 a reculé de 0,85% (39,95 points) à 4.651,08. Le
Footsie britannique a baissé de 0,24% tandis que l'indice EuroStoxx 50
 a abandonné 1,48% et le FTSEurofirst 300 0,64%.
    Wall Street participe aussi à ce mouvement de recul sur les marchés actions.
    Dans son discours de politique générale, dimanche, le nouveau Premier
ministre grec Alexis Tsipras a réaffirmé sa volonté d'affranchir son pays de
l'austérité associée au plan d'aide international, dont il refuse la
prolongation au-delà de l'échéance du 28 février. 
    Cette confrontation entre la Grèce et ses partenaires européens, qui
alimente le scénario d'une sortie du pays de la zone euro, a de nouveau fait
plonger les titres des banques à la Bourse d'Athènes. Banque du Pirée 
a abandonné 14,05%, Eurobank 9,63% et Banque nationale de Grèce
 9,8%. 
    "On est sur un fil. Au bout du compte, tout le monde finira probablement par
faire preuve de sagesse mais le risque d'une erreur politique existe", souligne
Ilan Solot, responsable de la stratégie de Brown Brothers Harriman.
    Outre Francfort et Athènes, les places du sud de l'Europe ont été les plus
fragilisées, les investisseurs craignant une propagation de la contestation
politique contre l'austérité. La Bourse de Milan a cédé 1,9% et celle de Madrid
1,97%.
    Les statistiques sur le commerce extérieur de la Chine, avec un recul plus
marqué que prévu des exportations comme des importations, sont
venues renforcer ce climat d'aversion au risque, qui a profité aux valeurs
refuges. Le rendement à 10 ans du Bund allemand a reculé à 0,35% et les
analystes de RBS estiment désormais à 40% la probabilité de le voir basculer en
taux négatif d'ici la fin de l'année.
    De même, l'or a rebondi aux alentours de 1.240 dollars l'once par rapport au
creux de trois semaines atteint vendredi à 1.228,50 dollars.
    Malgré les statistiques chinoises, les cours du pétrole ont progressé pour
une troisième séance consécutive après la publication du rapport mensuel de
l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui dit s'attendre pour
elle-même à une demande en 2015 plus élevée que prévu jusqu'à présent.
 Le Brent s'échangeait à plus de 58,20 dollars le baril à
la fermeture des Bourses européennes.
    Cela a permis aux indices des ressources de base et des
hydrocarbures de signer les deux meilleures performances sectorielles,
respectivement +2,06% et +1,36%.
    
    * Tableau des principaux marchés mondiaux : 
    

 (Bertrand Boucey pour le service français, avec Blaise Robinson; édité par
Patrick Vignal)