29 octobre 2014 / 11:10 / il y a 3 ans

LEAD 4-Mort du président zambien, le "Roi Cobra" Michael Sata

* Michael Sata était connu pour ne pas mâcher ses mots

* Le ministre de la Défense pourrait lui succéder

* Election présidentielle prévue d'ici trois mois (Actualisé avec nomination d'un vice-président)

par Chris Mfula

LUSAKA, 29 octobre (Reuters) - Le président zambien Michael Sata, surnommé le "roi Cobra" pour son style caustique et sa langue acérée, est décédé mardi à Londres où il était soigné, a annoncé mercredi le gouvernement zambien.

La présidence par intérim a été confiée au ministre de la Défense Edgar Lungu, qui avait récemment assuré cette fonction.

Michael Sata, connu pour ses attaques contre les compagnies minières étrangères, est décédé mardi soir à l'hôpital King Edward VII de Londres, selon les sites internet d'informations Zambia Reports et Zambian Watchdog. Il était âgé de 77 ans.

La cause de sa mort n'a pas été annoncée. Michael Sata, qui était président depuis 2011, était malade depuis quelques temps.

"Comme vous le savez, le président était soigné à Londres", a déclaré Roland Msiska, le secrétaire général du gouvernement zambien, à la télévision publique. "Le chef de l'Etat est décédé le 28 octobre. La disparition du président Sata est profondément regrettée."

Le nouveau chef de l'Etat par intérim a confirmé qu'une élection présidentielle se tiendrait dans les trois mois, comme le veut la constitution.

Edgar Lungu, secrétaire général du Front patriotique, le parti de Michael Sata, avait assuré la semaine dernière la présidence des cérémonies marquant le 50e anniversaire de l'indépendance du pays.

Le vice-président, Guy Scott, un blanc, qui était également pressenti pour assurer l'intérim de la présidence, ne devrait pas être candidat, selon plusieurs analystes qui mettent en avant des restrictions liées à la citoyenneté.

Sur le marché des changes, le kwacha zambien a reculé de 2% face au dollar. Les cambistes ne s'attendent pas à une poursuite de la baisse, en raison de la solidité de l'économie zambienne, qui devrait afficher une croissance de 7% cette année.

Selon les analystes, le style du président Sata, qui n'hésitait pas à aller à la confrontation, ne sera pas regretté dans le monde des investisseurs.

UNE FIGURE DE DIVISION

"Le président Sata était une figure de division pour la Zambie sur le front économique, partisan de mesures toujours plus autoritaires et de circonstances contre le secteur minier ces dernières années, ce qui avait freiné l'investissement", commente la société de consultants sud-africaine ETM.

"Le décès du président pourrait ouvrir la voie à une administration plus réformiste et contribuer à lever l'incertitude politique au sens large."

Michael Sata avait exercé les métiers les plus divers avant d'arriver à la tête de l'Etat. Il avait été tour à tour policier, syndicaliste, ouvrier assembleur de voitures et balayeur à la gare de Victoria à Londres.

Michael Sata, avait quitté la Zambie le 19 octobre pour être soigné dans la capitale britannique, selon un bref communiqué officiel diffusé à l'époque. Il était accompagné par sa femme et des membres de sa famille.

Aucune autre information n'avait été donnée.

Les interrogations sur la santé du président étaient nombreuses. En juin, il avait disparu de la vie publique sans explication. On avait dit à l'époque qu'il était soigné en Israël. En septembre, il n'avait pas prononcé un discours prévu à l'Assemblée générale des Nations unies. On avait dit alors qu'il était tombé malade à son hôtel de New York.

Quelques jours auparavant, il avait assisté à l'ouverture de la session parlementaire à Lusaka en lançant, sur le ton de la plaisanterie : "Je ne suis pas mort".

Ce trait était typique de son style qui ne s'embarrassait pas de formules diplomatiques.

En 2008, alors que les résultats montraient qu'il avait perdu la présidentielle face à son principal rival, Rupiah Banda, il avait aboyé à des journalistes de la BBC : "Je n'ai pas (encore) perdu, bordel ! Alors ne me faites pas perdre de temps."

Il y a près d'un an, il avait menacé de retirer la licence minière de la mine de cuivre de Konkola, premier employeur de Zambie, qui avait fait connaître son intention de licencier 1.500 personnes. (Avec Ed Cropley; Mathilde Gardin; Danielle Rouquié pour le service français)

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