Les combattants kurdes d'Irak peuvent aller à Kobani-resp. turc

lundi 27 octobre 2014 21h51
 

BEYROUTH, 27 octobre (Reuters) - Les combattants kurdes irakiens sont libres de transiter par la Turquie pour se rendre en Syrie aider leurs camarades assiégés à Kobani, a déclaré lundi un responsable turc en réponse à un chef kurde syrien accusant Ankara de temporiser.

La Turquie, qui, dans un premier temps, s'est montrée réticente à soutenir la coalition internationale contre l'Etat islamique (EI), a annoncé la semaine dernière, sous la pression de ses alliés occidentaux, qu'un certain nombre de peshmergas vendus d'Irak pourraient passer par la Turquie pour rejoindre Kobani, ville kurde syrienne à la frontière avec la Turquie, assiégée par les djihadistes de l'EI.

Saleh Moslem, co-président du Parti de l'union démocratique kurde (PYD), a déclaré à Reuters lundi que les peshmergas irakiens étaient prêts depuis trois jours à se rendre à Kobani.

"Ils auraient dû arriver hier. Pour l'instant, il semble que la Turquie fasse des difficultés, a déclaré Saleh Moslem, joint par téléphone. "Mais nous ne savons pas ce qui se passe entre eux et la Turquie. Le retard est dû à la Turquie", a-t-il ajouté.

La branche armée du PYD, les Unités de protection du peuple kurde (YPG), lutte contre l'EI à Kobani depuis un mois.

Ankara ne fait pas blocage, a déclaré un responsable turc, s'exprimant sous le sceau de l'anonymat. La Turquie a donné son accord de principe et les discussions se poursuivent.

Ce même responsable a ensuite dit dans la journée que les peshmergas avaient le feu vert pour avancer.

"Ce que Moslem dit n'est pas vrai. Dès que les peshmergas seront prêts, ils pourront y aller. La Turquie a donné son accord", a-t-il dit.

Il a dit ne pas savoir exactement quand aurait lieu le passage des combattants.

Le Parlement de la région autonome du Kurdistan irakien a voté la semaine dernière pour autoriser le déploiement en Syrie de certains de ses peshmergas, qui luttent parallèlement contre l'EI dans le nord de l'Irak.

Ils ne participeront pas directement aux combats à Kobani mais fourniront un soutien au niveau de l'artillerie, a déclaré dimanche un porte-parole du gouvernement kurde (Oliver Holmes, avec Isabel Coles à Arbil et Jonny Hogg à Ankara; Danielle Rouquié pour le service français)