27 octobre 2014 / 17:28 / il y a 3 ans

LEAD 2-Rome propose 4,5 mds d'économies supplémentaires

(Actualisé avec le rajout sur la France)

par Gavin Jones et James Mackenzie

ROME, 27 octobre (Reuters) - L'Italie proposera de faire 4,5 milliards d'euros d'économies de plus l'an prochain, a déclaré lundi le ministre de l'Economie Pier Carlo Padoan, afin de répondre aux critiques de l'Union européenne sur le projet de loi de Finances de 2015.

Les mesures additionnelles incluent 3,3 milliards d'euros qui avaient été initialement affectés à des réductions d'impôts, suivant une lettre transmise par Padoan à la Commission européenne et publié sur le site du ministère de l'Economie.

La France a elle aussi présenté à la Commission européenne une modification de ses projets budgétaires pour l'an prochain, comme l'a annoncé lundi le ministre des Finances Michel Sapin, dans l'espoir d'échapper à un bras de fer avec ses partenaires européens.

L'initiative de Padoan intervient alors que la Banque centrale européenne a annoncé dimanche que neuf banques italiennes avaient raté ses tests de résistance, mettant à nu une faiblesse économique chronique de l'Italie.

Le projet de loi de finances 2015, présenté le 15 octobre par le président du Conseil Matteo Renzi, prévoyait 18 milliards d'euros d'allégements fiscaux et repoussait à 2017 le retour à l'équilibre budgétaire structurel.

La CE a demandé à Rome de réduire le déficit "structurel", qui fait abstraction du cycle économique et des éléments exceptionnels, de 0,7% du PIB, alors que le projet de loi de Finances représente pour l'instant 0,3% seulement.

Le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaire Jyrki Katainen a dit lundi que l'exécutif européen saluait la "réponse constructive" de l'Italie mais ajouté que les discussions se poursuivaient et que "le résultat de cette procédure reste ouvert".

Si la CE n'est pas satisfaite des nouvelles propositions, elle doit en informer Rome d'ici le 29 octobre. Bruxelles estime que Rome doit resserrer les boulons du budget, compte tenu d'une dette qui atteint plus de 130% du PIB, la plus élevée de la zone euro après celle de la Grèce.

Mais pour Matteo Renzi, la dette a gonflé en raison d'une récession persistante aggravée par les politiques d'austérité.

Outre les 3,3 milliards d'euros prélevés sur les réductions d'impôts, Renzin propose de réduire de 500 millions d'euros la contribution de l'Italie à des projets financés par l'UE et augmenter de 730 millions d'euros l'enveloppe des mesures destinées à prévenir l'évasion fiscale.

La troisième économie de la zone euro anticipe une croissance de 0,6% en 2015 après une contraction de 0,3% cette année.

Padoan souhaite que l'Italie puisse reporter l'objectif de remettre le déficit dans la norme pour privilégier un "ensemble ambitieux de réformes structurelles" susceptibles de doper son potentiel de croissance et donc de gestion de sa dette.

Renzi pour sa part travaille à un projet de réforme radicale du marché du travail mais qui pour l'heure reste flou et dont on ne sait s'il prendra jamais force de loi.

* La lettre adressée par le ministre italien de l'Economie à la Commission européenne (en anglais) : bit.ly/1wBOKZu

Marc Joanny et Wilfrid Exbrayat pour le service français

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