EDF veut être dispensé de fournir de l'énergie à ses concurrents

vendredi 21 octobre 2016 09h24
 

PARIS, 21 octobre (Reuters) - Confronté à la fermeture pour des contrôles d'une partie de son parc nucléaire, EDF a demandé vendredi à l'Etat de suspendre temporairement le mécanisme d'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh).

Ce dispositif, introduit par la loi NOME sur l'énergie de 2010, permet aux opérateurs alternatifs qui le souhaitent d'acheter des volumes d'électricité à EDF dans le but de favoriser le développement d'offres concurrentes à celles de l'opérateur historique.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé la semaine dernière à EDF de procéder d'ici trois mois à l'arrêt de cinq réacteurs nucléaires supplémentaires en France pour procéder à des contrôles.

Les analyses exigées par l'autorité concernent des fonds de générateurs de vapeur fabriqués dans l'usine du Creusot d'Areva et par la société japonaise JCFC pouvant présenter une zone de concentration importante en carbone risquant de conduire à des propriétés mécaniques plus faibles qu'attendues.

Au total, 18 réacteurs sont concernés par ces contrôles : six d'entre eux ont déjà été autorisés à redémarrer et sept sont à l'arrêt. Les périodes d'arrêt des cinq nouveaux réacteurs (Tricastin 2 et 4, Fessenheim 1 et Gravelines 4) s'échelonneront sur une période comprise entre le 10 décembre et le 15 janvier prochains, précise EDF dans un communiqué.

Le groupe confirme par ailleurs ses objectifs de production nucléaire (380-390 térawattheure en 2016 et 390-400 TWh en 2017), communiqués le 21 septembre dernier.

EDF assure avoir fourni le 7 octobre dernier à l'ASN tous les éléments permettant d'assurer "le fonctionnement en toute sûreté" de l'ensemble des générateurs de vapeur concernés par les contrôles et d'avoir informé Réseau de Transport d'Électricité (RTE) qui est en charge d'assurer en France l'équilibre offre-demande d'électricité et la sécurité d'approvisionnement.

"Compte tenu de ces circonstances, de leur répercussion sur le marché de gros de l'électricité et des effets spéculatifs qui en résultent", EDF demande ainsi à l'Etat de prendre "toutes les mesures nécessaires, dans le cadre du mécanisme d'Accès régulé à l'électricité nucléaire historique (ARENH), incluant, le cas échéant, la suspension temporaire du dispositif".

Selon le Parisien, la ministre de l'Energie, Ségolène Royal, a adressé la semaine dernière un courrier à EDF pour lui demander d'assurer la continuité de l'approvisionnement en électricité.

Le communiqué d'EDF : bit.ly/2dTEpFa (Jean-Michel Bélot, édité par Gwénaëlle Barzic)