Bruxelles pourrait rejeter le prêt à Alitalia sans repreneur
ROME (Reuters) - La Commission européenne pourrait juger illégal le prêt de 300 millions d'euros de Rome à Alitalia en l'absence de tout repreneur pour la compagnie aérienne italienne en difficulté, a déclaré une source de l'Union européenne.
Le gouvernement italien sortant vient d'approuver ce prêt d'argent public pour permettre une poursuite de l'activité d'Alitalia avant l'entrée en jeu d'un éventuel nouveau repreneur, après le retrait de l'offre d'Air France-KLM sur le transporteur italien.
La législation européenne interdit toute aide d'Etat supplémentaire à Alitalia et empêche donc un nouveau prêt, à moins que Rome n'agisse comme un investisseur privé, en évaluant son risque et en fixant un taux d'intérêt.
Silvio Berlusconi, le futur président italien du Conseil, a répondu à ces doutes de l'exécutif européen sur ce prêt en menaçant de renationaliser intégralement Alitalia et il a demandé à la Commission de cesser de créer des problèmes.
La source de la Commission, qui a requis l'anonymat, a déclaré que ce prêt pourrait ne pas être "rationnel" en l'absence d'un acheteur assurant l'avenir d'Alitalia. Cette dernière perd plus d'un million d'euros par jour et le prêt éloigne pour l'instant le spectre d'une faillite.
"S'il n'y a pas d'acheteur, même un prêt aux conditions du marché n'est pas rationnel et cela pourrait donc être considéré comme une aide d'Etat", a déclaré la source, ajoutant que la position de la Commission sur ce type de dossiers ne se limitait pas au cas d'Alitalia.
Aucun nouveau plan concret de sauvetage d'Alitalia n'est apparu jusqu'à présent, en dépit des déclarations de Berlusconi selon lesquelles un consortium italien allait bientôt se dévoiler et malgré les spéculations quotidiennes dans la presse sur des participants potentiels à ce plan.
L'administrateur délégué de la banque Intesa Sanpaolo, Corrado Passera, a répété mercredi que son groupe n'était pas en discussions actuellement sur le dossier, ni impliqué dans un consortium, mais qu'il rentrerait dans le jeu si un plan de relance d'Alitalia était trouvé.
Un cabinet italien d'avocats a présenté mercredi aux syndicats d'Alitalia un plan de restructuration de la compagnie, prévoyant notamment une injection de capitaux frais susceptible d'atteindre six milliards d'euros. Mais quatre des neuf syndicats invités à cette réunion n'y ont finalement pas participé, le cabinet d'avocats ayant précisé travailler pour son propre compte et non pas pour celui d'un quelconque consortium. Suite...


