La France de nouveau confrontée au casse-tête des 3%

vendredi 21 février 2014 12h19
 

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Les autorités françaises sont de nouveau confrontées au casse-tête lié à l'obligation européenne de réduire le déficit public sous la barre des 3% du produit intérieur brut, un carcan qu'elles jugent peu pertinent en période de croissance atone.

Officiellement, il n'est pas question de contester cet engagement, fixé à fin 2015, dans le programme de stabilité qui sera présenté en avril à la Commission européenne. La France pourrait cependant plaider, une fois de plus, pour obtenir plus de souplesse, sinon pour 2015, au moins pour la suite.

Pour des raisons pratiques d'abord : la difficulté de redresser les comptes sans le coup de pouce offert par une vraie reprise. Pour des raisons moins terre à terre aussi : la plus grande pertinence d'une politique alliant redressement structurel des comptes et réformes pour doper l'économie.

Une porte qu'a semblé ouvrir le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn.

"Nous pouvons accorder une prolongation pour la correction du déficit excessif une fois que nous observons dans les faits qu'un pays a mis en oeuvre des réformes économiques réelles et sérieuses, qui rehaussent la compétitivité, le potentiel de croissance et la pérennité des finances publiques", a-t-il dit la semaine dernière à Reuters.

Pour le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, pas question de demander un nouveau délai.

"Nous avons pris des engagements à l'égard de nos partenaires de l'Union européenne, ils ne seront pas remis en cause", a-t-il dit récemment à Reuters.

De plus, "on ne peut pas changer de mode de raisonnement - par exemple passer tout à coup du structurel au nominal parce que ça nous arrangerait", a-t-il ajouté. A côté des objectifs "nominaux" comme le 3%, "nous avons aussi des engagements en termes de déficit structurel, et notamment de retour à l'équilibre structurel" d'ici 2017, a-t-il poursuivi.   Suite...

 
Les autorités françaises sont de nouveau confrontées au casse-tête lié à l'obligation européenne de réduire le déficit public sous la barre des 3% du produit intérieur brut, un carcan qu'elles jugent peu pertinent en période de croissance atone. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic