Vers des besoins en capitaux accrus pour les banques italiennes

vendredi 21 février 2014 09h17
 

par Valentina Za et Silvia Aloisi

MILAN (Reuters) - Le grand ménage des banques italiennes pour assainir leurs bilans avant leur évaluation par la Banque centrale européenne (BCE) pourrait les contraindre à lever jusqu'à 20 milliards d'euros, soit trois fois plus que les estimations actuelles, afin de regonfler leurs fonds propres.

Les banques avaient jusqu'ici poussé le problème des créances douteuses sous le tapis car des dépréciations à leur valeur de marché auraient lourdement grevé leurs résultats.

Mais la "Revue de la qualité des actifs" (AQR) du secteur bancaire dans la zone euro les oblige désormais à agir, et vite, si elles ne veulent pas arriver en queue de peloton pour solliciter les investisseurs.

Cinq établissements ont d'ores et déjà annoncé des augmentations de capital de l'ordre de sept milliards d'euros, la dernière en date étant la banque gênoise Carige qui a confirmé jeudi soir vouloir lever 800 millions d'euros faute de progrès dans ses cessions d'actifs.

Le bilan de santé auquel procède la BCE, et dont les résultats seront publiés en octobre, concerne toutes les grandes banques de la zone euro mais le problème des créances douteuses est particulièrement aigu en Italie du fait de la brutalité de la récession endurée par la Péninsule, où le crédit peine à reprendre.

Les créances douteuses ont atteint un record de 156 milliards d'euros en décembre, le double de leur niveau de 2010. Sur ce total, 76 milliards ont déjà fait l'objet de dépréciations, en partie sous la pression de la Banque d'Italie. Mais selon des experts, il faudrait que les banques déprécient encore 20 à 25 milliards d'euros au moins pour que la reprise des créances devienne intéressante pour des spécialistes en restructuration de dette.

"Même après une dépréciation de 50%, leur valeur est encore trop élevée. Il faudrait la réduire de 20-25 milliards d'euros encore", juge ainsi Andrea Perin, responsable du pôle de finance restructurée chez Finanziaria Internazionale.

L'Italie donne ainsi l'impression de traîner les pieds mais elle a beau jeu de rappeler qu'elle n'a pas eu à renflouer son secteur bancaire, contrairement à l'Irlande et à l'Espagne qui ont dû créer des "bad banks" pour reprendre les créances irrécouvrables de leurs banques mises à terre par l'éclatement de la bulle immobilière.   Suite...

 
Le grand ménage des banques italiennes pour assainir leurs bilans avant leur évaluation par la Banque centrale européenne (BCE) pourrait les contraindre à lever jusqu'à 20 milliards d'euros, soit trois fois plus que les estimations actuelles, afin de regonfler leurs fonds propres. /Photo d'archives/REUTERS/Max Rossi