18 février 2014 / 11:04 / il y a 4 ans

Statu quo monétaire et coup de pouce aux banques au Japon

Le gouverneur de la Banque du Japon Haruhiko Kuroda. La BoJn n'est pas revenue mardi sur une politique monétaire très généreuse et a prorogé un mécanisme d'aide au crédit bancaire censé stimuler la croissance économique, soucieuse de ne pas laisser retomber le soufflé "Abenomics". /Photo prise le 18 février 2014/Yuya Shino

par Leika Kihara et Stanley White

TOKYO (Reuters) - La Banque du Japon n'est pas revenue mardi sur une politique monétaire très généreuse et a prorogé un mécanisme d'aide au crédit bancaire censé stimuler la croissance économique, soucieuse de ne pas laisser retomber le soufflé "Abenomics".

La banque centrale a également confirmé son diagnostic économique optimiste en dépit des signes récents d'un ralentissement de la croissance et a laissé entendre qu'il ne faudrait pas compter de sitôt sur un nouveau plan de relance.

La Bourse de Tokyo a salué ces annonces par un gain de plus de 3% et le yen a fléchi, les deux marchés réagissant surtout au fait que la BoJ a reconduit pour un an trois facilités de crédit spéciales destinées à encourager des banques allergiques au risque à prêter davantage à l'économie réelle.

Ces trois facilités arrivaient normalement à échéance en mars et les fonds qu'elles rendent disponibles aux banques ont été par ailleurs doublés pour d'eux d'entre elles.

Elles avaient été conçues sous le gouvernorat de Massaki Shirakawa, de 2010 à 2012, dans le but de soutenir le crédit bancaire tout en résistant aux pressions politiques exercées sur la BoJ pour qu'elle assouplisse encore une politique qui était déjà ultra-accommodante.

Le gouverneur Haruhiko Kuroda a expliqué que la prolongation de ce programme avait pour but de renforcer le mécanisme de transmission à l'ensemble de l'économie des effets de l'assouplissement quantitatif de la banque centrale, l'une des composantes de la politique de relance énergique et de reflation - ou "Abenomics" - du Premier ministre Shinzo Abe.

Alors que certains investisseurs voient dans cette extension des crédits le signe que la BoJ est prête à être encore plus généreuse si nécessaire, Masashi Murata, stratège changes de Brown Brothers Harriman, est beaucoup plus sceptique, évolution du marché obligataire à l'appui.

"Les actions bancaires ont porté le Nikkei, qui a influé sur le yen, en revanche les JGB (emprunts d'Etat) n'ont guère réagi", note-t-il.

De fait les analystes sont assez sceptiques sur l'efficacité de la mesure. Sur les 21.500 milliards de yens (153 milliards d'euros) déjà affectés aux trois facilités, les banques en ont employé moins de 9.000 milliards.

Haruhiko Kuroda a admis que la BoJ comptait aussi sur l'effet psychologique de son initiative. "Nous tentons de rendre ces facilités plus incitatives pour les banques", a-t-il expliqué. "Nous avons incorporé un message fort de soutien à ces programmes."

PAS DE NOUVEL ASSOUPLISSEMENT

La BoJ a également renouvelé son engagement d'augmenter la masse monétaire, un instrument primordial de sa politique monétaire, de 60.000 à 70.000 milliards de yens (427 à 500 milliards d'euros) annuellement.

Son diagnostic répété d'une reprise modérée montre enfin qu'elle juge l'économie japonaise suffisamment robuste pour supporter sans nouvelle aide extérieure la hausse de la TVA qui surviendra le 1er avril.

"La BoJ pense déjà que l'économie se contractera immédiatement après la hausse de la TVA. Cela ne peut donc constituer le substrat d'un nouvel assouplissement", dit Hiroaki Muto, économiste de Sumitomo Mitsui Asset Management.

La BoJ observe le statu quo depuis le lancement, en avril, d'un vaste programme économique visant à porter le taux d'inflation à 2% en l'espace de deux ans par le biais d'achats d'actifs massifs. Le Japon subit une déflation depuis 15 ans.

Une statistique du PIB décevante lundi a douché l'espoir de voir une flambée de dépenses de consommation avant le 1er avril compenser une croissance à l'exportation atone, ce qui implique, pour certains analystes, que le marché risque de faire pression sur la BoJ pour qu'elle intervienne si ce schéma ne change pas dans le mois qui viennent.

Le gouverneur Kuroda a pris le contre-pied en anticipant une accélération de la demande extérieure et une progression de la consommation s'appuyant sur une hausse des revenus.

"Si les risques se concrétisent, nous n'hésiterons pas à ajuster notre politique mais, pour l'heure, l'économie japonaise évolue conformément à nos prévisions", a-t-il dit.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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