16 février 2014 / 10:20 / il y a 4 ans

François Hollande veut séduire les patrons étrangers

François Hollande donne l'accolade au PDG de la firme Kwarter, Carlos Diaz, lors d'une rencontre à San Francisco. Le chef de l'Etat va lancer une opération de séduction des patrons étrangers pour les convaincre d'investir sur le "site France". /Photo prise le 12 février 2014/Robert Galbraith

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - François Hollande lance lundi une opération de séduction des patrons étrangers pour les convaincre d'investir en France, une démarche qui s'inscrit dans la lignée du "pacte de responsabilité" promis aux entreprises pour relancer l'emploi.

Une trentaine de chefs d'entreprises étrangères installées en France sont invités à l'Elysée pour un conseil stratégique de l'attractivité, au terme duquel le chef de l'Etat annoncera des mesures pour rendre le territoire plus accueillant.

"Il faut leur donner confiance, on sait que la bataille est rude", a déclaré dimanche la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, précisant sur Europe 1 et I>Télé que l'obtention de visas serait facilitée.

"Un homme d'affaires chinois qui veut venir en France, il lui faut huit semaines pour avoir un visa, un homme d'affaires russe pour venir en France, il lui faut trois semaines. On peut le faire beaucoup plus facilement et parler en jours", a-t-elle ajouté.

Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a expliqué vendredi que "c'est une réunion avec des patrons qui viennent de l'ensemble du monde, qui pèsent 850 milliards d'euros, pour les convaincre que la France est un pays où l'on peut investir, où il faut investir".

L'enjeu est dans un premier temps de leur rappeler les réformes engagées par le gouvernement comme le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), la réforme du marché du travail ou de la formation et le "choc de simplification".

Dimanche, les dirigeants d'entreprises sont invités à dîner à Matignon avec le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et une dizaine de ministres afin de "créer du lien" avec le gouvernement, selon la formule d'un conseiller.

L'idée est d'enclencher un dialogue pour engager de nouvelles mesures, en plus des baisses de cotisations promises dans le cadre du "pacte de responsabilité" et du "choc de simplification".

"SANS TABOU"

"L'objectif, c'est d'être sans tabou et de se dire des choses sur les forces et les faiblesses du site France", explique un conseiller de François Hollande.

Le gouvernement prépare des mesures pour assurer un meilleur accueil des expatriés et étudie des projets comme la relance du CDG Express, une ligne ferroviaire directe entre Paris et l'aéroport de Roissy.

Ces efforts interviennent alors que la légère reprise de l'investissement en France a permis d'afficher une croissance meilleure que prévu en 2013, mais toujours poussive (0,3%).

Pour lui donner un nouvel élan, le gouvernement ne peut négliger les capitaux étrangers, qui représentent un stock de plus de 503 milliards d'euros, selon l'Elysée.

Les 20.000 entreprises étrangères et leurs filiales installées en France emploient environ 2 millions de personnes.

"Dans l'industrie, un investissement sur trois vient de capitaux étrangers", estime Pierre Moscovici, qui a entendu l'inquiétude formulée en décembre par une cinquantaine de patrons de groupes mondiaux implantés en France.

Ces derniers, du cabinet de conseil américain Accenture au groupe industriel allemand Siemens, avaient averti qu'ils leur était de plus en plus difficile de plaider la cause de l'investissement en France devant leur direction devenue méfiante vis-à-vis des perspectives économiques du pays.

Le conseil stratégique d'attractivité s'achèvera lundi après-midi par un déplacement du président français à l'usine de production d'insuline de Novo Nordisk de Chartres (Eure-et-Loir).

Pour François Hollande, dont la taxe à 75% sur les revenus supérieurs à un million d'euros fait figure d'épouvantail dans les milieux d'affaires internationaux, l'enjeu est de rectifier le tir.

Le président a déjà donné des gages en Californie mercredi, en opérant une réconciliation très médiatique avec les "pigeons", ces jeunes entrepreneurs qui l'accusaient de faire fuir de France les créateurs d'entreprises par une fiscalité confiscatoire.

avec Jean-Baptiste Vey

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